Malgré une baisse enregistrée en 2025, la Russie continue d’exporter davantage de pétrole brut qu’avant l’invasion de l’Ukraine en 2022. Selon un rapport du Centre pour la recherche sur l’énergie et la propreté de l’air (CREA), les volumes dépassent encore de 6 % les niveaux d’avant-guerre. Cela malgré les sanctions occidentales visant notamment la « flotte fantôme ». Les recettes pétrolières de Moscou reculent sous l’effet des rabais imposés. Mais d’importantes failles dans le dispositif de sanctions maintiennent les exportations à un niveau élevé.
Les sanctions contre la « flotte fantôme » et le durcissement des contrôles n’ont pas suffi à freiner durablement les exportations pétrolières russes. D’après un rapport du CREA publié mardi, les volumes restent supérieurs à ceux enregistrés avant 2022.
Le volume des exportations de brut russe dépasse encore de 6 % les niveaux d’avant-guerre. Cela malgré les sanctions occidentales contre la « flotte fantôme », selon le Centre pour la recherche sur l’énergie et la propreté de l’air (CREA). La flotte fantôme russe compterait entre 600 et 1.400 navires, selon les estimations. Moscou l’utilise pour contourner les sanctions visant ses ventes de pétrole.
Cependant, les recettes pétrolières sont tombées sous les niveaux d’avant l’invasion. Le rapport indique que la Russie a dû accorder des rabais sur ses prix. Ces revenus ont diminué de 18 % sur un an. Ils s’établissent désormais à 85,5 milliards d’euros. Les volumes ont également reculé de 6 %. Ils atteignent 215 millions de tonnes sur les douze mois précédant le 24 février.
« 93% du brut russe a été exporté vers la Chine, l’Inde et la Turquie. Nous avons constaté une baisse significative des revenus tirés des exportations russes de combustibles fossiles. Cette baisse s’explique par de nouvelles mesures et une application plus stricte des sanctions », souligne Isaac Levi. Analyste au Centre pour la recherche sur l’énergie et la propreté de l’air (CREA), il est co-auteur du rapport.
D’importantes failles subsistent
Mais, selon lui, d’importantes failles subsistent dans le dispositif de sanctions. Certains domaines n’ont pas été pris en compte par les pays ayant imposé ces mesures. Cela permet aux volumes de pétrole en circulation de rester élevés. Parmi ces failles figurent la fausse immatriculation des navires. S’y ajoute la réexportation de carburants raffinés issus de brut russe.
Ces produits finissent dans des pays qui appliquent pourtant des sanctions. « Nous proposons d’interdire les importations provenant de raffineries ou de terminaux ayant reçu du pétrole russe. Cela concernerait toute cargaison reçue au cours des six derniers mois », dit M. Levi.
Le rapport exhorte l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni à arraisonner « les navires de la flotte fantôme russe qui posent des menaces environnementales et sécuritaires aux côtes européennes et britanniques ». L’UE recense 598 navires soupçonnés d’appartenir à cette flotte, auxquels l’accès aux ports européens et aux services maritimes est interdit.
Le CREA appelle aussi la Hongrie et la Slovaquie à mettre un terme à leurs importations de pétrole russe.
Ces deux pays, exemptés des sanctions européennes sur les importations de pétrole russe, ont accru ces importations de 11% au cours des dix premiers mois de 2025 par rapport à la même période l’année précédente, souligne le rapport.
© Agence France-Presse
















