pixel

Pénurie d’eau à Yaoundé : Minkoameyos mettra-t-il fin au calvaire ?

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

Pendant que les officiels posaient ce jeudi avec faste la première pierre de la reconfiguration globale du réseau d’eau à Minkoameyos. Des milliers de Yaoundéens scrutaient des robinets désespérément secs. Ce projet d’envergure promet de moderniser en profondeur la distribution urbaine de la capitale politique. Mais pour des populations habituées aux promesses sans lendemain. Une question persiste : va-t-il réellement libérer les ménages de la corvée des bidons jaunes ?

À Yaoundé, la journée commence bien avant l’aube. Au rythme sourd des jerricans qui s’entrechoquent. De Damase à Ngousso, en passant par Mendong, Emombo ou Biyem-Assi. Les scènes de vie quotidienne se ressemblent toutes.

C’est la dictature du bidon jaune et blanc. Des files d’enfants et de femmes qui serpentent les ruelles accidentées. Pour rallier un puits incertain, une source non contrôlée. Ou le forage privé d’un voisin fortuné.

Dans les quartiers bâtis sur les collines de la capitale. La quête de l’or bleu a brisé le sommeil des ménages. On ne dort plus que d’un œil, guettant le sifflement salvateur du robinet. Qui, parfois, daigne laisser couler un filet d’eau au milieu de la nuit. Avant de s’assécher à nouveau pour des jours, voire des semaines.

À ce stress permanent, s’ajoute un impact financier étouffant. Pour survivre, les familles consacrent une part disproportionnée de leur budget à l’achat de packs d’eau minérale. Ou au paiement de livreurs de fortune. Ceci au détriment d’autres besoins essentiels.

C’est cette réalité brute. Presque invisible depuis les salons feutrés des ministères. Que le projet de Minkoameyos vient percuter.

ONG Care: Les dix « crises humanitaires oubliées » en 2025

Minkoameyos , l’espoir d’une distribution enfin équitable

L’annonce de ce jeudi marque le lancement de travaux lourds. Si le volet technique impressionne les spécialistes. C’est sa promesse sociale qui porte l’espoir de toute une ville.

Car à Yaoundé, le problème majeur n’est plus seulement la production d’eau. Mais son acheminement. Le réseau actuel, vétuste et saturé. Ressemble à une passoire hydraulique où des milliers de mètres cubes se perdent dans la nature. A cause de canalisations obsolètes et de casses à répétition.

La reconfiguration globale amorcée à Minkoameyos vise précisément à soigner ce réseau malade. Pour l’abonné lambda, cela devrait se traduire par une révolution invisible mais cruciale. La stabilisation de la pression et une redistribution équitable.

L’objectif affiché est de briser cette fracture hydrique qui sévit entre les zones basses de la ville. Relativement mieux loties. Et les quartiers périphériques ou situés en altitude, condamnés au rationnement perpétuel.

Remplacer les vieux tuyaux par des infrastructures modernes. C’est promettre à chaque citoyen que tourner le robinet ne sera plus un acte de foi. Mais un geste banal du quotidien.

Entre soulagement réel et scepticisme vacciné

Pourtant, sur le terrain, l’enthousiasme reste pudique, presque méfiant. Les Yaoundéens sont des « sceptiques vaccinés ». Ils ont encore en mémoire le déploiement du méga-projet du Paepys (fleuve Sanaga). Censé saturer la ville de millions de litres d’eau.

Mais dont les retombées concrètes se font encore attendre dans de nombreux foyers en raison des faiblesses du réseau de distribution.

Accident à Bonabéri : La FOCACO dénonce un accident « évitable »

« C’est une bonne chose de poser des premières pierres. Mais nous, nous attendons de voir l’eau couler chez nous en plein jour ». Confie une mère de famille rencontrée à Mendong.

Le fossé temporel entre la solennité de la cérémonie officielle. Et la réalité des travaux crée une attente lourde de pression. La population n’exige plus des discours ou des plans sur table d’architecte. Elle exige des garanties sur les délais d’exécution et une transparence totale sur le chantier.

Au-delà du béton, des vannes et des kilomètres de conduites qui vont être déployés à partir de Minkoameyos. Le succès de ce projet ne se mesurera ni en milliards de FCFA investis. Ni en nombre de discours prononcés.

Il se mesurera au fond des verres des millions d’habitants de la capitale politique. Le compte à rebours social est lancé.

 

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Nécrologie : Le dernier voyage d’Alexis Dipanda

Alexis Dipanda Mouelle, ancien président de la Cour suprême,,...

Attestation de réservation : La FOCACO interpelle Air France

La Fondation Camerounaise des Consommateurs dénonce une nouvelle mesure...

Cameroun : HRW accuse l’État de passivité face aux violences contre les femmes

Au Cameroun, les violences contre les femmes restent généralisées....

Accident à Bonabéri : La FOCACO dénonce un accident « évitable »

Après le grave accident survenu dans la soirée du...