Après le grave accident survenu dans la soirée du 24 juin 2026 à Bonabéri, au lieu-dit cimetière Kotto, la Fondation Camerounaise des Consommateurs dénonce un drame évitable et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour mieux encadrer la circulation des camions-conteneurs en milieu urbain.
La Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) est montée au créneau après le grave accident survenu dans la soirée du mercredi 24 juin 2026 à Bonabéri, au lieu-dit cimetière Kotto, dans l’arrondissement de Douala 4e. Selon les premières informations, un camion plateau transportant un conteneur s’est renversé, écrasant plusieurs véhicules ainsi que des passants.
Le bilan provisoire fait état de plusieurs morts et de blessés graves. Dans un communiqué signé par son président exécutif, Alphonse Ayissi Abena, la FOCACO dit avoir appris avec une « profonde consternation » ce drame qui, selon elle, vient rallonger la liste des accidents évitables au Cameroun. Une indignation totale face à un nouveau drame routier.
« Nous exprimons notre colère et notre indignation face à ce nouveau drame qui vient rallonger la liste macabre des accidents évitables au Cameroun. Ce drame illustre, une fois de plus, le mépris total pour la vie des usagers camerounais« , déclare l’organisation dans son communiqué. Pour l’organisation, cette tragédie n’est pas un simple fait divers, mais la conséquence de dysfonctionnements répétés dans le transport urbain et la gestion de la sécurité routière.
« La vie d’un Camerounais vaut plus qu’un conteneur. Le laxisme a assez tué« , martèle-t-elle. Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, la FOCACO estime qu’il est urgent de s’attaquer aux causes profondes de ces accidents à répétition. Pour l’organisation, la tragédie de Bonabéri met en lumière plusieurs défaillances structurelles qui continuent de mettre en danger la vie des usagers de la route.
Un grave accident de la circulation fait 3 morts et 9 blessés sur l’axe Mimboman-Nkoabang
Des camions conteneurs insuffisamment sécurisés
L’organisation dénonce d’abord la circulation de camions transportant des conteneurs insuffisamment sécurisés. Elle évoque notamment l’absence ou la mauvaise utilisation de dispositifs d’arrimage réglementaires, tels que les « twist-locks« , pourtant essentiels pour maintenir les conteneurs sur les camions plateaux. La Fondation pointe également l’état dégradé des voiries urbaines à Douala, particulièrement à Bonabéri.
Nids-de-poule, absence de drainage et chaussées en mauvais état transformeraient, selon elle, chaque déplacement en risque permanent. Autre problème soulevé : la cohabitation dangereuse entre poids lourds, petits véhicules, motos et piétons sur des routes urbaines étroites, sans voies dédiées ni contrôle suffisant.
La FOCACO dénonce aussi le manque de sanctions contre certains transporteurs, alors que certains camions circulent malgré des visites techniques mal faites, des surcharges et des chauffeurs obligés de travailler dans de mauvaises conditions. Des mesures urgentes exigées auprès des autorités.
Face à cette tragédie, la FOCACO interpelle directement le gouvernement, le ministère des Transports, le ministère des Travaux publics, la Communauté urbaine de Douala, les forces de maintien de l’ordre ainsi que le Port autonome de Douala. L’organisation formule plusieurs exigences urgentes à l’endroit des autorités.
Yaoundé : un conteneur écrase plusieurs passagers dans un taxi
« Linterdiction… des camions-conteneurs en journée »
« Nous exigeons l’interdiction immédiate de la circulation des camions-conteneurs en journée dans les centres urbains de Douala et Yaoundé, avec l’instauration de plages horaires nocturnes strictes« , indique l’organisation. Elle réclame également « un contrôle technique obligatoire et inopiné de tous les systèmes d’arrimage des conteneurs« , ainsi que « l’immobilisation immédiate des camions non conformes« .
La FOCACO demande par ailleurs « un audit urgent de l’état des voiries à Bonabéri et le lancement des travaux de réhabilitation en procédure d’urgence« . S’adressant à la Communauté urbaine de Douala, l’organisation recommande « l’aménagement de voies dédiées aux poids lourds et la création de plateformes de dépotage en périphérie« .
Aux forces de sécurité, elle appelle enfin à une « tolérance zéro pour les surcharges et les défauts d’arrimage « , avec des « sanctions exemplaires « . La FOCACO interpelle aussi les entreprises de transport et le Port autonome de Douala. Pour elle, lorsqu’un conteneur est mal fixé et provoque un accident, les personnes responsables du chargement doivent répondre de leurs actes devant la justice.
La FOCACO est claire sur ce point : « Le conteneur ne doit quitter le port que si la sécurité est garantie à 100 %. » À la fin de son communiqué, la Fondation présente ses condoléances aux familles endeuillées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Elle affirme également se tenir aux côtés des victimes pour toute assistance juridique. Elle conclut : « Trop, c’est trop. La route ne doit plus être un cimetière.«












