Argent ou effets sensibles ? Les spéculations vont bon train à Yaoundé. Au sujet de l’intrusion des « malfrats » au domicile du maire Luc Messi Atangana. Ça s’est passé début août à Yaoundé, le siège des institutions politiques du Cameroun.
Que cherchent les cambrioleurs au domicile des hautes personnalités de la République ? La question n’est pas banale, au regard de la haute sécurité présumée dont sont supposées bénéficier ces autorités.
Et la dernière scène de braquage en date est venue remettre au goût du jour ce vieux débat. Ça s’est passé dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 août dernier à Yaoundé, siège du pouvoir camerounais. La cible manifeste des malfaiteurs n’était autre que la résidence secondaire du maire de la ville de Yaoundé, Luc Messi.
Les cambrioleurs sont entrés par effraction dans sa résidence de campagne sise au village Nkolnkoumou par Nkolbisson. Pour ce faire, ils auraient coupé les fils barbelés. Armés, ils auraient, pour leur propre sécurité, ligoté les deux gardiens.
Argent emporté ou pas ?
Mais le maire Luc Messi Atangana est absent ce jour-là, pour des raisons non révélées. Les visiteurs indésirables vont alors tout saccager dans cette résidence secondaire. Différente de la maison de fonction du superédile, située au cœur de la capitale. Ils vont également emporter des bouteilles de liqueurs, selon certaines sources.
Des informations relayées en boucle sur les réseaux sociaux font état d’une grosse somme d’argent emportée par les « malfrats ». Soit plus de 100 millions de francs CFA. Or, d’autres informations, publiées en démenti de ces allégations, indiquent que les malfrats n’ont trouvé aucun objet de valeur. D’où les saccages.
Une équivoque que seule peut lever une enquête impartiale, publiée de façon transparente. Car, au-delà du fait divers, il faut questionner l’origine des ressources financières gardées dans les résidences. Et souvent dérobées par les «malfrats».
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Plus de 100 millions « volés » chez Mama Fouda en 2015
D’abord parce que le dernier cambriolage ne concerne pas un citoyen lambda, mais le super Maire de la capitale. Deuxièmement, c’est dans la résidence visitée que l’autorité se retire certains week-ends. Pour se consacrer à l’une de ses activités préférées : l’agriculture.
Tercio, ce n’est pas la première fois que de tels cambriolages se produisent chez une autorité de haut rang. En effet, dans la nuit du 17 avril 2015, André Mama Fouda en avait fait l’amère expérience. L’ex-ministre de la Santé avait été victime d’un coup de vol à son domicile d’Ebobogo (Yaoundé 3ᵉ). Montant emporté : plus de 100 millions de francs CFA .
Cas André Mama Fouda et Mouelle Kombi
Puis vint le tour de l’ancien ministre des Sports et de l’Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi. Près de 85 millions Fcfa se sont volatilisés à sa résidence. Sa plainte évoquant environ 115 millions avait abouti à l’interpellation de son cuisinier, d’un taximan et d’un élève.
En 2020, les deux principaux suspects (cuisinier et taximan) avaient écopé d’une peine de 10 ans de prison. Dans un contexte de batailles de pouvoir, sur fond de fin de règne, l’on peut s’interroger.
Que cherchent donc les « malfrats » chez les dignitaires du régime ? Juste des espèces sonnantes et trébuchantes ou des dossiers sensibles à dissimuler ?











