Le Nord du Nigeria s’enfonce dans une crise humanitaire sans précédent. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la flambée des violences a propulsé la faim à son pire niveau depuis dix ans. L’agence de l’ONU alerte sur une situation critique. Plus de trois millions de personnes souffrent désormais d’insécurité alimentaire aiguë.
Le nord du pays le plus peuplé d’Afrique est confronté à une double insécurité. D’une part la violence de groupes jihadistes qui mènent une insurrection contre l’Etat depuis 2009. Dont l’épicentre se situe dans le nord-est. Et l’autre celle de bandes criminelles, appelées localement « bandits ». Qui procédaient fréquemment à des attaques contre des villages. Et des enlèvements massifs contre rançon.
« Ce qui nous préoccupe le plus, c’est l’extension de cette crise« . A déclaré Kinday Samba, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, dans le communiqué.
Il a souligné la propagation de la violence « sur une zone beaucoup plus vaste. Forçant les populations à abandonner leurs terres agricoles. Gênant des déplacements et limitant l’accès humanitaire ».
Inflation et coupes budgétaires
Les coupes budgétaires américaines pour l’aide internationale, décidées sous la présidence de Donald Trump, ainsi que celles mises en œuvre plus largement par les pays occidentaux, ont ces dernières années affectées de nombreux ménages parmi les plus pauvres du Nigeria.
De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué en juin que la pauvreté s’était aggravée lors du mandat du président nigérian Bola Tinubu, dont les réformes, jugées nécessaires par de nombreux économistes pour relancer l’économie du pays, ont toutefois entraîné une forte hausse de l’inflation et du coût de la vie.
« Le nombre de localités inaccessibles a doublé : quinze zones sont désormais considérées comme partiellement inaccessibles pour les équipes de terrain du PAM », a indiqué l’agence onusienne.
Une faim « catastrophique » face à des humanitaires impuissants
Malawi et Zimbabwe : Traumatisme et misère pour les déplacés de retour au pays
Plus de 17 millions de personnes dans le nord du Nigeria « sont confrontées à des niveaux de faim qualifiés de crise, d’urgence ou de catastrophe », a ajouté l’organisation.
Dans l’État de Borno, épicentre du conflit jihadiste, plus de trois millions de personnes souffrent d’une insécurité alimentaire aiguë, dont 10 000 sont confrontées à une « faim catastrophique ».
Au plus fort de la crise en 2025, lorsque les stocks alimentaires de l’année précédente se sont épuisés avant de pouvoir bénéficier des nouvelles récoltes, le PAM a fourni une aide alimentaire à 1,3 million de personnes.
Face à de « graves déficits de financement », elle prévoit de n’atteindre que la moitié de ce nombre cette année.












