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Mission neutre dans le détroit d’Ormuz : 49 pays préparent une force de sécurisation

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Quarante-neuf pays se sont réunis vendredi 17 avril à Paris pour préparer une mission neutre dans le détroit d’Ormuz, chargée d’escorter les navires marchands dans le Golfe. La conférence, organisée par Emmanuel Macron et Keir Starmer, a reçu en plein milieu une annonce iranienne sur l’ouverture temporaire du passage — saluée par les participants, mais jugée insuffisante.

Une conférence inédite pour répondre à la crise du Golfe

Vendredi 17 avril, Emmanuel Macron et Keir Starmer ont organisé depuis Paris une visioconférence internationale consacrée à la sécurisation du détroit d’Ormuz. Au total, 49 pays ont participé. Une trentaine d’entre eux ont dépêché leurs chefs d’État ou de gouvernement, la plupart connectés à distance. À l’Élysée, le chancelier allemand Friedrich Merz et la Première ministre italienne Giorgia Meloni ont rejoint les deux dirigeants en présentiel.

Le contexte a rendu la réunion indispensable. Depuis fin février, les États-Unis et Israël mènent une guerre contre l’Iran. Téhéran a riposté en bloquant de facto le détroit d’Ormuz, verrou stratégique du Golfe par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz consommés dans le monde.

Ce blocage a déclenché une envolée des prix de l’énergie aux répercussions lourdes sur l’économie mondiale. Tous les dirigeants présents à Paris ont insisté sur ces conséquences lors de la conférence. Le sujet n’est plus seulement militaire ou diplomatique : il touche directement les marchés, les entreprises et les ménages.

La mission neutre dans le détroit d’Ormuz prend forme

À l’issue de la réunion, Emmanuel Macron a détaillé le projet commun. Les pays participants ont évoqué « la mise en place d’une mission neutre, bien distincte des belligérants, afin d’accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe ». Le terme « neutre » est central : la mission doit rester à l’écart de tous les belligérants du conflit.

Cette idée n’est pas nouvelle. Macron l’avait lancée début mars, en prévision d’une éventuelle trêve. La France et le Royaume-Uni ont depuis engagé les travaux de planification militaire avec les pays volontaires.

L’élan s’est accéléré depuis. Keir Starmer a annoncé qu’une réunion de planification militaire se tiendrait la semaine prochaine à Londres. « Plus d’une douzaine de pays » ont déjà proposé de contribuer à cette force « pacifique et défensive ». Cette réunion dévoilera les détails de la composition de la force.

Giorgia Meloni a rappelé la condition préalable : la mission ne peut s’engager qu’après « une cessation des hostilités ». Ce prérequis reste d’actualité dans un contexte où le cessez-le-feu du 8 avril demeure fragile et où les négociations peinent à reprendre.

L’annonce iranienne percute la réunion

Alors que les quatre dirigeants s’entretenaient avec leurs homologues, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a déclaré le passage de tous les navires commerciaux « entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu » avec les États-Unis. L’annonce est arrivée en plein milieu de la conférence.

Donald Trump a immédiatement salué cette décision. Le président américain a affirmé que l’Iran retirait toutes ses mines marines. Il a cependant maintenu le blocus américain des ports iraniens, en attente d’un accord plus large avec Téhéran.

Les participants au sommet de Paris ont réagi avec une prudence mesurée. Emmanuel Macron a déclaré au nom de l’ensemble des pays réunis que l’annonce iranienne allait « dans la bonne direction ». Cette déclaration unilatérale, limitée à la durée du cessez-le-feu, ne satisfait pas les exigences de la coalition.

Les 49 pays réclament désormais une « pleine réouverture immédiate, inconditionnelle par toutes les parties ». Keir Starmer a précisé le contenu de cette exigence : le passage doit rester ouvert « sans péage et sans restrictions ».

La mission neutre dans le détroit d’Ormuz renforcée par l’annonce de Téhéran

L’annonce iranienne n’a pas affaibli le projet. Elle l’a, au contraire, renforcé aux yeux d’Emmanuel Macron. Le président français a estimé que la mission neutre dans le détroit d’Ormuz était « encore plus légitime parce qu’elle est ce qui va permettre de consolider ces annonces à court terme et surtout de leur donner une possibilité de tenir dans la durée ».

La logique est directe. Une ouverture partielle et temporaire du passage ne garantit pas sa stabilité à moyen terme. La mission doit donc jouer un rôle de consolidation sur le terrain.

Macron a précisé les modalités d’insertion de la force dans le paysage diplomatique. Elle s’accompagnerait d’un « travail de déconfliction » avec l’Iran, d’une « coordination » avec les États-Unis et Israël, ainsi que d’échanges « avec les armateurs » et « les assureurs ». Ces éléments signalent que la mission vise autant la sécurisation physique des navires que le rétablissement d’une confiance minimale entre les acteurs du Golfe.

Une coalition internationale sans les Américains

La conférence a réuni un spectre géopolitique large. Le président sud-coréen Lee Jae Myung a participé au plus haut niveau. La Chine, le Japon, l’Arabie saoudite et le Qatar étaient présents, mais à un niveau ministériel ou inférieur.

Macron n’a pas convié les États-Unis. Le président français insiste pour que toute future mission reste à l’écart des « belligérants » du conflit. Washington et Tel Aviv entrent dans cette catégorie depuis le déclenchement de la guerre fin février.

Friedrich Merz a exprimé une position divergente. Le chancelier allemand a jugé « souhaitable » une participation américaine à la mission. Il a estimé que ce conflit ne devait « pas devenir un test de résistance pour les relations transatlantiques ». Cette nuance traduit une tension réelle au sein de la coalition : certains partenaires européens ne souhaitent pas que le projet prenne une dimension de rupture avec Washington.

Trump critique ses alliés et rejette toute aide extérieure

Donald Trump n’a pas attendu la fin de la conférence pour réagir. Le président américain a rejeté les propositions d' »aide » de l’Otan — organisation qui ne participait pourtant pas à la visioconférence organisée depuis Paris. Il a jugé que « la situation sur le détroit d’Ormuz » était désormais « terminée ».

Trump a multiplié les critiques à l’égard de ses alliés européens et asiatiques. Il leur reproche de refuser de participer aux efforts militaires américains et de contribuer à une éventuelle réouverture du détroit par la force. Cette pression s’inscrit dans une logique persistante de confrontation entre Washington et ses partenaires sur le partage du fardeau militaire.

Un cessez-le-feu fragile, des négociations toujours en suspens

La situation diplomatique reste instable. Un cessez-le-feu de deux semaines est entré en vigueur le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis. Mais la première tentative de négociation pour le consolider a échoué dimanche. Des discussions sont en cours pour une éventuelle reprise.

La conférence de Paris cherche à bâtir un cadre collectif dans ce contexte incertain. La réunion de Londres la semaine prochaine constituera le premier test opérationnel de la coalition. Elle doit transformer en décisions concrètes l’élan politique dégagé vendredi, dans un environnement où chaque annonce reste soumise aux aléas du terrain et des négociations.

Source : Agence France-Presse

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