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Extrême-Nord : l’axe Guirvidig-Pouss asphyxie l’économie locale.

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Derrière le jargon feutré des institutions financières et les communiqués officiels évoquant une « recherche active de solutions d’urgence ». Se cache une réalité brute, violente, que subissent chaque jour les usagers de la route entre Guirvidig et Pouss. Dans la région de l’Extrême-Nord.

Le chantier de bitumage est au point mort. Alors que l’État du Cameroun et la Banque africaine de développement (BAD) tentent de sauver ce projet en panne.

Les premiers grands orages de la saison des pluies viennent de sonner le glas des espoirs des producteurs locaux. Ce tronçon stratégique est en train de se transformer en un interminable piège de boue, asphyxiant à petit feu le poumon économique du Mayo-Danay.

Le riz et le bétail pris en otage

 Pouss n’est pas un simple point sur la carte. C’est une plaque tournante commerciale majeure. Célèbre pour son marché à bétail et sa proximité avec les vastes casiers rizicoles de la SEMRY (Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua).

C’est d’ici que partent le riz, le poisson sec et les oignons qui alimentent Maroua, le grand Sud du pays, et les marchés frontaliers du Tchad et du Nigeria.

Aujourd’hui, cette dynamique est brisée. Pour les transporteurs, s’engager sur cet axe est devenu un pari hautement risqué. Les camions gros-porteurs, lourdement chargés de sacs de riz ou de têtes de bétail, passent désormais des journées entières immobilisés. Les roues enfoncées dans des ornières profondes.

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Conséquence directe : les coûts de transport explosent. Les bêtes s’épuisent sur place et les denrées périssables pourrissent avant même d’avoir quitté le département.

Les producteurs condamnés à brader

Sur le terrain, la paralysie de la route détruit directement les moyens de subsistance des populations. Au marché hebdomadaire de Pouss, l’ambiance est morose. Les acheteurs tchadiens et nigérians, découragés par l’état de la piste. Et la hantise de voir leurs véhicules se renverser, se font de plus en plus rares.

Privés de débouchés et face à des acheteurs en position de force. Les agriculteurs locaux se retrouvent acculés. Pour ne pas voir le fruit de plusieurs mois de labeur se détruire. Beaucoup n’ont d’autre choix que de brader leurs récoltes à des prix dérisoires.

Une injustice économique flagrante pour une région déjà structurellement vulnérable. Où chaque sac de riz vendu à perte fragilise un peu plus la sécurité alimentaire d’un ménage.

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L’urgence n’est plus dans les bureaux, elle est sur la piste

Pendant que les réunions se succèdent à Yaoundé pour démêler les nœuds administratifs. Et financiers qui bloquent le projet, le temps presse.

Pour le tissu économique local, la « solution d’urgence » brandie par le gouvernement et la BAD. Ne doit plus se limiter à des promesses sur papier.

Les commerçants, les transporteurs et les paysans du Mayo-Danay n’attendent pas des signatures de protocoles. Mais le retour effectif des engins de génie civil sur la piste.

Si rien n’est fait avant que le ciel ne s’effondre totalement sur l’Extrême-Nord. C’est toute une économie régionale qui finira totalement isolée, noyée sous la boue de l’indifférence.

 

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