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Ormuz : Washington durcit le ton et menace l’Iran d’isolement total

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Le ton monte entre Washington et Téhéran. Alors qu’un accord sur la réouverture du détroit d’Ormuz semblait imminent début août. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a radicalement changé de cap jeudi 13 aout 2026. Ceci  en menaçant l’Iran d’un isolement économique « sans précédent ».

« Ce sera une combinaison d’un isolement économique comme le monde n’en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d’Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d’entrer ou de sortir des ports iraniens », a déclaré M. Bessent sur la chaîne conservatrice Newsmax, en promettant de nouvelles mesures, sans en préciser la nature: « Restez à l’écoute, d’autres annonces arriveront la semaine prochaine. »

Le ton a changé en quelques jours : le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran « aujourd’hui ou demain » pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures. « Nous avons de très bonnes discussions », avait déclaré le même jour Donald Trump, assurant que l’Iran voulait passer un accord.

Ces propositions rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole.

Cette nouvelle escalade verbale intervient alors que la guerre, engagee fin février par l’offensive américaine-israélienne contre l’Iran, approche de son sixième mois : le protocole d’accord conclu en juin pour y mettre durablement fin a volé en éclats début juillet, avant que Donald Trump ne suspende les frappes à la fin du mois, en conditionnant cette pause à la conclusion rapide d’un accord.

Tout accord devait inclure l’ouverture « complète et totale » du détroit d’Ormuz et « la fin de la menace nucléaire iranienne », avait-il affirmé le 1er août.

Le président américain semble privilégier une approche plus attentive, fondée sur la pression économique.

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Sur le terrain, le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole mondial, reste le point de friction le plus brûlant.

Les Emirats arabes unis ont dénoncé une attaque iranienne menée jeudi soir contre deux navires affiliés à la compagnie pétrolière publique ADNOC qui franchissaient le détroit. Abou Dhabi a été condamné pour les « actes de piraterie » des Gardiens de la Révolution qui constituent « une menace directe » pour « la sécurité énergétique mondiale« .

Les Emirats ont demandé à l’Iran de « rouvrir complètement et sans condition » ce passage.

Téhéran a de son côté fustigé jeudi les « mensonges » de Donald Trump, qui avait assuré la veille, sur son réseau Truth Social, que les Etats-Unis avaient un contrôle « total » du détroit.

Ormuz reste « sous la gestion et le contrôle total de la République islamique », a martelé Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central de Khatam al-Anbiya.

Dans les faits, le détroit est verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre, tandis que les Etats-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Téhéran exige des navires une autorisation et veut imposer à terme des frais de service, ce que Washington refuse.

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L’arme économique

Avant Scott Bessent, le vice-président JD Vance avait affiché jeudi sur Fox News la priorité donnée à l’arme économique : « l’objectif numéro un » des Etats-Unis est de « faire en sorte que le pétrole et l’essence reste bon marché pour les Américains », « l’objectif numéro deux » étant « d’assurer que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire ».

M. Bessenta, lui, a présenté sa stratégie comme la combinaison de deux leviers, l’asphyxie financière et le blocus physique, citant Cuba et le Venezuela en comparaison : « Le Venezuela s’est immédiatement effondré quand nous avons imposé le blocus », s’est-il félicité.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé jeudi les Etats-Unis de « mauvais calculs » liés à des défaillances du renseignement. « Un exemple: la guerre contre l’Iran. Maintenant, un mauvais calcul encore plus important sur le détroit d’Ormuz », at-il écrit sur X.

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