Depuis la mi-mai, des pluies d’une intensité exceptionnelle frappent la Côte d’Ivoire. Provoquant des inondations meurtrières qui ont déjà coûté la vie à 59 personnes. La capitale économique, Abidjan, se trouve en première ligne de cette catastrophe météorologique.
Chaque année en Côte d’Ivoire, comme dans d’autres pays africains. La saison des pluies qui s’étend de mai à fin juillet environ cause des éboulements. Ainsi que des inondations qui font plusieurs dizaines de morts. En particulier dans les quartiers précaires.
Lors du compte rendu du Conseil des ministres, mercredi. Le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly a « déploré un bilan particulièrement élevé de 59 personnes décédées cette année. Alors que nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies ».
Selon le ministre, ces abondantes recueillies sont dues au « dérèglement climatique ».
Lundi, la ministre de la Cohésion nationale, Myss Belmonde Dogo. Avait avancé un bilan de plus d’une dizaine de morts. C’était après une journée de pluies torrentielles sur Abidjan.
Ces précipitations suivies d’inondations dévastatrices sont récurrentes dans plusieurs villes du pays. Et notamment dans la capitale économique ivoirienne. Dans le sud au climat tropical, où vivent plus de 6 millions des 30 millions d’habitants du pays.
Urbanisation sauvage et zones à risques
En 2024, plus de vingt personnes avaient été tuées, une trentaine en 2023.
A Abidjan, l’urbanisation est croissante. Et les constructions précaires dans des zones pauvres et inondables sont légion.
Le gouvernement y mène depuis plusieurs années des opérations d’expulsion et de démolition parfois brutales, appelées « déguerpissements », disant cibler des quartiers précaires en zones inondables et restaurer « l’ordre urbain ».
« Le bilan le plus élevé revient à la commune d’Attécoubé (quartier de l’ouest d’Abidjan, ndlr) avec une vingtaine de morts, où les populations ont hélas, recolonisé des sites d’où elles avaient été déplacées », a précisé M. Coulibaly.
L’urgence du relogement
« Il ya des situations où des familles entières ont disparu, ce sont de véritables drames. Il faut que nous évitions d’en arriver à ces situations extrêmes », at-il dit, lançant un nouvel appel aux populations « pour leur demander de partir de ces sites étant identifiés comme à risque ».
M. Coulibaly a indiqué que « 60.000 personnes seront relogées dans 12.000 logements qui vont être construits », pour les populations ciblées par les démolitions.
Ces opérations de démolition sont vivement contestées. L’ONG Amnesty International avait dénoncé des « violations importantes des droits humains de dizaines de milliers de personnes ».
D’autres pays africains ont connu de fortes retenues ces dernières semaines.
Au Ghana, douze personnes sont décédées selon un bilan rapporté mardi par les pompiers.
Le président John Dramani Mahama a ordonné le déblocage des fonds d’urgence et le déploiement de l’armée et de la police.
Les pluies ont également provoqué d’importantes inondations à Lagos, capitale économique du Nigeria, où aucun décès n’a été signalé à ce stade.











