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André Blaise Essama : après la prison, il risque l’amputation

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Trans Afrique

Sorti de prison le 19 août après 300 jours d’incarcération, André Blaise Essama n’est pas au bout de ses peines. Car il risque l’amputation de son orteil en lien avec un diabète sévère qu’il a contracté en détention, soutient-il.

C’était un ouf de soulagement pour André Blaise Essama, ses proches et ses fans, lorsque le tribunal militaire de Douala l’a acquitté. À ce propos, le tribunal a prononcé le verdict le 19 août 2026. En effet, après quatre audiences devant cette juridiction d’exception, les juges ont déclaré l’activiste camerounais non coupable. Une décision dont se sont fortement réjouis les avocats constitués pour la défense de l’activiste politique.

La plaie nécrosée est liée au diabète

Parmi lesquels, Asong Michael : « Mon sentiment ces jours-ci, c’est que l’article 37 de la Constitution du Cameroun a été appliqué. Cet article dispose que la justice est rendue sur le territoire de la République au nom du peuple. Et, aujourd’hui, nous avons vu une justice rendue au nom du peuple camerounais », a déclaré l’homme de loi. Au sortir de l’audience d’acquittement de son client.

Pourtant, ce sentiment de satisfaction est à relativiser. Et pour cause, l’ancien détenu n’est pas sorti de l’auberge. En effet, André Blaise Essama souffre d’une inflammation aiguë de l’un de ses orteils. La plaie nécrosée est liée au diabète sévère que le « combattant » Essama dit avoir contracté pendant son incarcération.

300 jours en détention « pour rien »

Au lendemain de sa remise en liberté, l’activiste est allé se faire consulter par des médecins à l’hôpital Laquintinie de Douala. Qu’il remercie de vive voix pour les diligences dont il a bénéficié de la part de cette formation hospitalière. Essama dit souffrir de douleurs au pied et craint une amputation de celui-ci. Ou, au mieux des cas, de l’orteil nécrosé.

Mais le sentiment mitigé de ses médecins ne tient pas seulement à la santé préoccupante de celui qui se proclame panafricaniste. Ce depuis les années 2000. En effet, le collectif de la défense d’Essama s’indigne qu’il ait passé près de huit mois en prison pour rien.

« C’est vrai que mon sentiment est un peu partagé. Je suis content, et, en même temps, j’exprime un peu de tristesse. Tristesse, pourquoi ? Parce que monsieur Essama André Blaise et monsieur Nzépang Scotty Winner (…) ont passé près de 300 jours en détention. Et pour rien ! Pour que, après huit mois, nous constations que ce tribunal les blanchit de ces infractions. »

Affaire Essama : Le réquisitoire de Me Fabien Kengne

Protéger les droits des suspects

Pour le juriste, la situation d’André Blaise Essama interpelle. Tout comme celle de nombreux autres Camerounais arrêtés lors de la crise postélectorale et toujours privés de liberté. Elle pose donc le problème de la privation de liberté au pays. Dès lors, « ceci démontre que nous avons beaucoup à faire en matière de droits de l’homme. » Et de la protection des suspects », affirme l’avocat.

André Blaise Essama a été interpelé le 7 novembre 2025 dans une rue à Akwa, le centre des affaires de Douala. C’était au lendemain de la prestation de serment du président Paul Biya. Pour un huitième mandat à la tête de l’État. Il haranguait alors les populations sur la « victoire volée » du candidat Issa Tchiroma Bakary, proclamé vaincu par le Conseil constitutionnel. Il les appelait à se lever pour défendre le changement.

Qui payera la note après l’acquittement ?

Par la suite, les forces de l’ordre ont à leur tour interpellé sieur Nzépang Scotty Winner, car il avait protesté contre cette arrestation jugée arbitraire et abusive. Après l’avoir d’abord placé en garde à vue administrative, les autorités ont ensuite placé l’activiste sous mandat de dépôt à la prison centrale de Douala New-Bell. Cependant, pendant sa détention, son état de santé s’est détérioré.

Du fait des mauvaises conditions de détention dans nos pénitenciers. Le tribunal le déclare non coupable après huit mois de privation de liberté. Les juges acquittent également son codétenu Nzépang Scotty Winner de toutes les charges. Ce qui interroge : qui payera la note du préjudice subi par l’ancien détenu de la prison de New-Bell ?

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