Me Fabien Kengne, avocat au barreau du Cameroun, dénonce la procédure de l’affaire Essama qu’il qualifie d’«ubuesque ».
Selon l’avocat qui s’exprime sur la procédure ouverte contre son client. «La procédure concernant André Blaise Essama est des plus ubuesques. » André Blaise Essama avait été arrêté à la suite des manifestations postélectorales. Interrogé par un confrère, Me Fabien Kengne déplore. Notamment l’absence d’une réelle prise en charge médicale et les anomalies de sa procédure.
État critique
Il faut souligner que son indignation fait suite à une photo répandue sur les réseaux sociaux montrant le détenu André Blaise. Dans un état de santé très inquiétant. Furieux l’avocat dénonce le fait que son client soit privé d’une prise en charge médicale dont il est en droit de bénéficier.
D’après Me Fabien Nkengne, André Blaise Essama souffre du diabète. Il a une infection qui a attaqué particulièrement ses membres inférieurs. Il est dans un état critique. « L’infirmerie de la prison de New Bell n’a pas de plateau technique adéquat. Pour assurer sa prise en charge efficace. Son état de santé nécessite une hospitalisation ».
« Or la seule faveur qui lui est accordée est de l’accompagner de temps en temps à l’hôpital Laquintinie. Pour faire des pansements superficiels qui ne sauraient guérir le diabète dont il souffre », déclare l’avocat.
Engagement militant
Il va évoquer les raisons ayant conduit à l’arrestation de son client. « Ce qui conduit à l’arrestation d’André Blaise Essama, à sa garde à vue. Et à son déferrement à la prison de New-Bell, c’est la banderole qu’il avait déployée à Mobil Bonakouamouang ».
« Sur laquelle était affiché le portrait d’Issa Tchiroma Bakary. Et d’un certain nombre de personnes qui ont été tuées à bout portant. Lors des manifestations postélectorales de la présidentielle d’octobre 2025 ».
A en croire le juriste, Blaise Essama est traduit devant le tribunal militaire de Douala statuant en matière criminelle. Pour répondre des faits d’apologie d’atteinte à la sûreté de l’État.
Procédure au tribunal militaire
Expliquant comment la procédure se retrouve au tribunal militaire. il affirme que « la procédure concernant André Blaise Essama est des plus ubuesques. Après 30 ans d’exercice procédural, je ne pense pas avoir déjà rencontré de pareils errements judiciaires ».
Connu pour avoir été emprisonné à la suite de la destruction de statues. Et monuments des figures coloniales au Cameroun, André Blaise Essama est un activiste. C’est au début des années 2000 qu’il développe un intérêt pour les questions de mémoire historique..
Et de symboles coloniaux, qui orientent progressivement son engagement militant. Ses activités militantes l’ont conduit à faire de la prison pour trouble à l’ordre public. Il est arrêté au moins 78 fois en 17 ans de militantisme.











