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Cameroun : Pénurie du gaz Sctm et du pétrole lampant

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Trans Afrique

Au Cameroun, les ménages font face à une grave pénurie de pétrole lampant et de bouteilles de gaz de marque Sctm. Le gouvernement ne s’est pas encore prononcé sur la situation. 

Au Cameroun, les vieux démons refont surface. Le secteur de la distribution des hydrocarbures est à nouveau confronté à une grave pénurie. Cette fois, il s’agit en particulier du gaz et du pétrole lampant. À en croire plusieurs ménages qui s’en plaignent. Alors que le faible pouvoir d’achat ne leur permet plus de s’offrir une nouvelle bouteille de ce produit.

Pratiques inflationnistes

En effet, depuis juillet dernier, les bouteilles Sctm sont rares dans les centres emplisseurs. Aussi bien dans les dépôts grossistes, les grandes surfaces que les boutiques de distribution. Les stations-service, elles non plus, n’en disposent pas. Sinon très peu et rarement. Du coup, les ménages utilisant le gaz et en l’occurrence la marque Sctm triment. Et sont aux abois.

Les consommateurs sont obligés de sillonner plusieurs points de distribution, parcourant parfois de très longues distances. Sans être sûrs de trouver des bouteilles de gaz Sctm. Les utilisateurs du pétrole lampant font face à la même galère. Cette source d’éclairage encore utilisée dans plusieurs localités non électrifiées est rare dans les stations-service. Toute chose qui ouvre la porte aux pratiques inflationnistes préjudiciables pour les ménages.

La Sctm très endettée

Ce alors même que le pouvoir d’achat de ceux-ci est déjà très faible. La rareté des bouteilles Sctm n’est pas une chose nouvelle. Depuis le décès de son fondateur, la Société camerounaise de transformation métallique (Sctm) traverse des turbulences. Notamment des graves perturbations dans l’approvisionnement du marché en ayant pour emballage cette marque. Conséquence, la pénurie est courante.

L’interprofession pointe la lourde ardoise financière de la société auprès du Groupement des professionnels du pétrole (GPP). En particulier auprès de la Société de dépôts pétroliers (Scdp), d’une part, et Tradex d’autre part. Deux marqueteurs aujourd’hui classés parmi les géants de la filière de distribution de gaz au Cameroun.

Le montant de la dette se situerait autour de 4 milliards de francs CFA. Les premiers signes de détresse chez la Sctm étaient apparus en 2015. Cette année-là, le marketeur voyait régresser ses parts de marché de 5 %. Passant de 38 % à 33 %.

Le Cameroun a son usine de production de bouteilles de gaz

Suspension d’approvisionnement

Un grignotage dû à la montée de nouveaux venus tels Tradex, une filiale de la Snh créée en 2013. Lors d’une réunion au ministère du Commerce, en 2015, Tradex pointait déjà l’insolvabilité de la Sctm. Le directeur général de Tradex, Perrial Jean Nyodog, à l’époque président du Gpp, menaçait même de suspendre les approvisionnements de la Sctm.

A l’époque, l’ardoise de la Sctm se chiffrait à environ 3 milliards Fcfa. Au titre de droits de transfert pour l’approvisionnement en produits pétroliers dus à la Gpp. Aujourd’hui, ces droits s’établissent à 4 milliards Fcfa. En outre, la suspension, qualifiée de provisoire il y a encore quelques années, est effective.

En effet, des sources affirment que c’est depuis mai que la Sctm n’est plus approvisionnée en gaz butane. D’où la pénurie actuelle. 11 mois après les émeutes de la faim de février 2008, le gouvernement avait officialisé une mesure pour lutter contre la pénurie de gaz.

Un problème d’interopérabilité

En effet, l’arrêté nº 006/PM du 12 janvier 2009 règlemente l’interchangeabilité des bouteilles de gaz domestique. Il fixe les modalités, les règles techniques et de sécurité relatives à l’implantation, l’aménagement et l’exploitation des dépôts de stockage.

« La mise en œuvre de l’interchangeabilité des emballages de GPL se fait dans le cadre d’un accord formel. Entre parties concernées, et conformément à la réglementation en vigueur», précise l’arrêté.

Seulement, ce principe d’interchangeabilité bute aux réalités de terrain. En particulier les commerçants. Ceux-ci estiment qu’un code de conduite doit être prescrit. Et ils redoutent en outre le déséquilibre dans la gestion de leur parc de stockage.

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