Le chef d’un parti d’opposition en RDC, Delly Sesanga, a déclaré lundi à l’AFP être interdit de quitter le territoire congolais. Et privé de son passeport, dénonçant une mesure « arbitraire » et d' »intimidation ». Dans un contexte de tensions grandioses entre le pouvoir et les opposants.
A plus de deux ans de la prochaine élection présidentielle. Le climat politique en République démocratique du Congo (RDC) s’est déjà considérablement dégradé. Depuis l’adoption mi-juin par le Parlement d’une proposition de loi posant le cadre d’un référendum. Sur une révision de la Constitution, qui ouvrait la voie à un troisième mandat au président Félix Tshisekedi. L’alliance présidentielle est ultra-majoritaire au Parlement.
Coup d’État constitutionnel
Le 12 juin, un rassemblement de l’opposition à Kinshasa pour dénoncer une tentative de « coup d’État constitutionnel » a été réprimé. Plusieurs opposants, dont M. Sesanga, ont été blessés lors d’affrontements avec des militants pro-gouvernement et la police. Les Nations unies ont condamné la mort d' »au moins un manifestant ». Un nouveau rassemblement est prévu le 8 juillet.
Delly Sesanga, chef du parti Envol, ex-ministre et ancien député, est une des principales figures de la coalition d’opposition baptisée « C64″ (Coalition Article 64 ») et créée mi-mai pour s’élever contre le projet présidentiel de conserver le pouvoir au-delà de la limite de deux quinquennats. Élu pour un second mandat en 2023, M. Tshisekedi doit, selon la Constitution, quitter le pouvoir fin 2028.
Dimanche, M. Sesanga s’est présenté à l’aéroport de la capitale congolaise, Kinshasa. Au poste-frontière, la Direction générale de migration (DGM) a confisqué son passeport, rapporte-t-il. L’opposant a alors été informé qu’il n’était pas autorisé à quitter le territoire et qu’il devait s’adresser à la justice, sans plus d’explications.
Une forme d’arbitraire
Cette information a été confirmée par une source proche du dossier. « C’est de l’intimidation et une forme d’arbitraire », a déclaré M. Sesanga auprès de l’AFP. « Je n’ai reçu aucune information sur une procédure qui serait engagée contre moi ».
Selon l’Agence congolaise de presse citant une source judiciaire, une enquête judiciaire visant M. Sesanga est en cours et l’interdiction de sortie du territoire fait partie des mesures conservatoires possibles dans ce cadre.
- Sesanga affirme avoir été blessé aux jambes et à l’entrejambe « par des projectiles » lors du rassemblement du 12 juin. Son état a nécessité des soins, notamment des points de suture et la pose temporaire d’une sonde, at-il précisé. L’opposant a expliqué qu’il devait se rendre dimanche en Europe pour raisons médicales.
© Agence France-Presse












