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Négociations directes entre Israël et le Liban : les deux pays acceptent de se parler pour la première fois depuis 1993

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Les négociations directes entre Israël et le Liban ont officiellement débuté mardi à Washington. Les deux pays ont accepté d’entamer des pourparlers en vue d’une paix durable, lors d’une réunion organisée par le secrétaire d’État Marco Rubio. C’est la première fois depuis 1993 que leurs représentants se retrouvent autour d’une même table pour discuter d’un accord.

Négociations directes entre Israël et le Liban : Washington scelle un accord de principe

Le département d’État américain a annoncé mardi soir une percée diplomatique majeure au Proche-Orient. Toutes les parties sont « convenues d’entamer des négociations directes à une date et en un lieu qui restent à fixer d’un commun accord », précise le communiqué officiel. La réunion avait duré un peu plus de deux heures.

Marco Rubio avait qualifié en amont cette rencontre d' »occasion historique ». Le secrétaire d’État a réuni à Washington l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter et l’ambassadrice libanaise Nada Hamadeh Moawad. Ces négociations directes Israël Liban représentent les premières discussions de ce type depuis 1993.

Les deux délégations sont reparties avec un accord de principe. La date et le lieu de la prochaine session restent à définir d’un commun accord. Marco Rubio a fixé des ambitions larges : ces pourparlers visent « à définir un cadre sur lequel une paix durable pourra se construire ». « Cela va au-delà d’une simple journée, cela prendra du temps », a-t-il ajouté.

Une réunion de deux heures, des positions encore éloignées

À l’issue de la rencontre, l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter a affiché un optimisme marqué. « Nous avons découvert aujourd’hui que nous sommes du même côté », a-t-il déclaré à des journalistes. Il a précisé que les deux pays étaient « unis dans notre volonté de libérer le Liban » du Hezbollah.

Son homologue libanaise a adopté un ton plus prudent. Nada Hamadeh Moawad a qualifié cette « réunion préparatoire » de « constructive ». Elle a également appelé à un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement chiite.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a encouragé les deux parties. « Il est temps qu’Israël et le Liban collaborent », a-t-il lancé. Benjamin Netanyahu a posé deux conditions préalables : le désarmement du Hezbollah et un « véritable accord de paix ». Les deux États restent techniquement en état de guerre depuis des décennies.

Un conflit ouvert depuis mars, un bilan humain lourd

Le Liban est entré en guerre début mars. Le Hezbollah avait alors visé Israël pour soutenir l’Iran, dans le cadre d’une offensive israélo-américaine de grande ampleur. Israël avait répondu par une opération militaire au Liban.

Les frappes israéliennes ont tué plus de 2 000 personnes depuis le début des hostilités, selon les autorités libanaises. Environ un million de personnes ont fui leurs foyers, soit un cinquième de la population du pays. Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham Saleh, a rappelé cette réalité lors d’une visite à Beyrouth.

Côté israélien, l’armée a recensé treize soldats tués au Liban depuis le début des opérations. Dix autres soldats ont subi des blessures mardi lors d’affrontements à Bint Jbeil, dans le sud du pays. L’armée y a lancé un assaut ce même jour.

Les belligérants avaient conclu un premier cessez-le-feu en novembre 2024, après deux mois de guerre ouverte. Israël avait néanmoins continué de pilonner les zones frontalières. Cette trêve n’avait donc pas mis fin aux hostilités.

Le conflit israélo-libanais reste distinct de la trêve conclue avec l’Iran, entrée en vigueur le 8 avril. Israël considère que le front libanais n’en est pas couvert. Ses troupes ne se sont pas retirées du sud du Liban.

Le Hezbollah absent tire des roquettes pendant les pourparlers.

Le Hezbollah n’a pas participé à la réunion de Washington. Le mouvement chiite a qualifié ces discussions de « capitulation ». Simultanément, alors que les pourparlers débutaient, il a revendiqué des tirs de roquettes vers treize localités israéliennes frontalières.

Le président libanais Joseph Aoun dit espérer que ces négociations marquent « le début de la fin de la souffrance des Libanais ». Il a posé une condition nette : « La stabilité ne sera pas rétablie dans le sud (du Liban) si Israël continue d’y occuper des territoires. »

À Beyrouth, des habitants partagent un sentiment mêlé d’espoir et de lassitude. Kamal Ayad, réparateur de fenêtres de 49 ans, a confié à l’AFP : « Nous sommes pour (les négociations) si c’est dans l’intérêt du Liban, si cela résout les problèmes. » « Nous voulons la paix, pour nos enfants et notre avenir, nous sommes fatigués, nous avons vécu tant de guerres », a-t-il ajouté.

Les négociations directes entre Israël et le Liban face à des obstacles majeurs

La route vers un accord s’annonce longue. Un ancien responsable israélien de la Défense, sous couvert d’anonymat, a prévenu : « Il sera très difficile de parvenir à un accord. » Israël, selon lui, compte créer « une zone tampon, très similaire à celle que nous avons à Gaza ».

Cette perspective soulève une question centrale : celle du retrait des forces israéliennes du sud du Liban. Le président Aoun a indiqué que cette occupation bloque tout retour à la stabilité dans le sud. Les deux parties affichent encore des positions irréconciliables sur ce point.

Le secrétaire général de l’ONU a de son côté appelé à la reprise de « négociations sérieuses » pour l’ensemble du dossier régional. Les deux délégations ont convenu que la prochaine session se tiendrait à une date et en un lieu encore à fixer d’un commun accord. L’ampleur des obstacles révèle l’étendue du chemin à parcourir.

Contexte régional : Iran, blocus naval et chute des prix du pétrole

La situation régionale reste volatile au-delà du seul dossier libanais. Donald Trump a déclaré au New York Post que des négociations américano-iraniennes pourraient reprendre au Pakistan « au cours des deux prochains jours ». Deux sources pakistanaises de haut rang ont confirmé à l’AFP qu’Islamabad tente de relancer ces discussions, après un premier échec dimanche.

L’armée américaine a annoncé mardi avoir empêché six navires de quitter des ports iraniens au cours des premières 24 heures du blocus imposé à la République islamique. Plus de 10 000 soldats américains, une douzaine de navires de guerre et des dizaines d’avions participent à cette mission.

La société de données maritimes Kpler a signalé qu’au moins deux navires avaient tout de même franchi le détroit d’Ormuz lundi, malgré le blocus. La Chine, largement dépendante des approvisionnements iraniens, a réclamé le rétablissement d’une navigation « sans entraves » dans le détroit. L’Iran bloque ce passage stratégique depuis le 28 février, date du déclenchement de la guerre.

Ces tensions avaient fait grimper les prix du pétrole. Mardi, le cours du baril américain a chuté de 7,8 %, à 91,28 dollars. Le marché misait sur une reprise des négociations entre Washington et Téhéran.

Source : Agence France-Presse

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