À la veille de la visite du pape Léon XIV au Cameroun, le Collectif des Femmes et Mères a transmis à Samuel Kléda, l’archevêque de Douala, un mémorandum plaidant pour la libération des détenus politiques.
Le Collectif des Femmes et Mères des prisonniers politiques (Cofem) a officiellement remis, le 13 avril à Douala, un mémorandum destiné au pape Léon XIV. Le document a été transmis par l’intermédiaire de l’archevêque métropolitain de Douala, Monseigneur Samuel Kleda. Par ce geste, ces femmes entendent porter au plus haut niveau de l’Église catholique la question sensible des détenus politiques au Cameroun.
Conduite notamment par l’avocate Alice Nkom, la délégation s’inscrit dans une démarche citoyenne baptisée « Paix & Réconciliation ». L’initiative se veut pacifique et vise à attirer l’attention du souverain pontife sur la situation de nombreux Camerounais incarcérés. Selon le collectif, ces détentions sont liées aux crises politiques et sécuritaires qui secouent le pays depuis plusieurs années.
Un appel à l’intercession du pape
Dans leur mémorandum, les signataires décrivent un contexte national marqué par une accumulation de tensions. Ils évoquent notamment les contestations post-électorales de 2018 et 2025, ainsi que le conflit persistant dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Ces différentes crises ont entraîné arrestations massives, pertes en vies humaines et détentions prolongées.
En outre, le document met en avant la situation de plusieurs catégories de détenus. Il s’agit des personnes arrêtées lors des mouvements de contestation, mais aussi de celles interpellées dans les zones en crise. Le collectif dénonce des conditions de détention jugées difficiles, ainsi que des atteintes aux droits fondamentaux, notamment l’absence de procès équitables pour certains prisonniers. Face à cette situation, les signataires sollicitent directement l’autorité morale du pape Léon XIV. Ils espèrent que son intervention pourra influencer les autorités camerounaises. Leur demandevise à obtenir la libération immédiate de Djeukam Tchameni, ainsi que celle de l’ensemble des prisonniers politiques.
Le cas Djeukam Tchameni au cœur des préoccupations
Le mémorandum accorde une place centrale à Djeukam Tchameni, présenté comme une figure emblématique de cette problématique. Arrêté en octobre 2025, il est détenu à la prison centrale de Kondengui depuis décembre de la même année. Le collectif affirme qu’il n’a pas bénéficié d’un accès régulier à ses avocats, ce qui constituerait une violation de ses droits.
Le texte revient également sur le décès en détention d’Anicet Ekane, survenu le 1er décembre 2025. Les auteurs du mémorandum évoquent une négligence médicale et y voient un signal alarmant sur les conditions carcérales. Ce cas renforce, selon eux, l’urgence d’une action en faveur des détenus encore incarcérés. En parallèle, une pétition internationale a été lancée pour soutenir cette démarche. Elle revendique déjà plusieurs centaines de milliers de signatures, traduisant une mobilisation au-delà des frontières camerounaises. Pour le Cofem, cette dynamique montre que la question des prisonniers politiques suscite une indignation croissante. A travers ce mémorandum, le collectif espère que la visite du pape ouvrira une fenêtre de dialogue.

















