pixel

Libération de soldats maliens détenus par les rebelles touareg

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

Libération de soldats maliens dimanche au Mali : une vingtaine de militaires retenus par la rébellion touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont retrouvé la liberté. Une source de sécurité et une source proche de la junte ont annoncé l’information à l’AFP. L’opération résulte d’un échange avec une rébellion qui multiplie depuis le printemps les attaques contre l’armée et le pouvoir militaire.

Libération de soldats maliens : ce qu’annoncent les sources

« 22 militaires maliens ont été libérés ce (dimanche) matin », a affirmé à l’AFP la source de sécurité. La source proche de la junte a confirmé cette libération, en évoquant pour sa part « une vingtaine » de soldats élargis.

Le décompte varie donc légèrement selon l’interlocuteur. Aucune des deux sources ne s’exprime publiquement sous son nom.

La rébellion, elle, s’est montrée nettement plus discrète. Le FLA, à dominante touareg, a seulement mentionné sur Facebook « quelques prisonniers de guerre (des forces armées maliennes) libérés ».

Les captifs ne relevaient pas tous de la même période. Certains avaient été capturés récemment, d’autres étaient détenus « depuis plus de trois ans », a indiqué à l’AFP la source proche de la junte.

Un échange négocié avec le Front de libération de l’Azawad

Ces élargissements ne constituent pas un geste unilatéral. La libération a été obtenue « en échange d’au moins huit combattants du FLA », selon la source de sécurité.

La rébellion présente pourtant la transaction sous un autre angle. Un porte-parole du FLA, Attaye Ag Mohamed, a affirmé qu’elle s’est faite en contrepartie de celle de « civils détenus » par « la junte criminelle dans ses prisons secrètes dont certains depuis cinq années ».

Un second responsable du mouvement a précisé ce volet. Mohamed Elmaouloud Ramadane, également porte-parole du FLA, a indiqué dimanche à l’AFP que ce sont « huit civils » qui ont été relâchés en échange des soldats maliens.

Les deux versions ne désignent donc pas les mêmes personnes libérées du côté rebelle. La source de sécurité parle de combattants du FLA, tandis que la rébellion évoque des civils.

Ces affirmations restent, en l’état, attribuées à leurs auteurs respectifs. Elles n’ont pas fait l’objet d’une confirmation croisée dans les éléments communiqués à l’AFP.

Des captures issues des offensives d’avril et de juillet

Le sort de ces militaires renvoie à deux séquences précises. Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et la rébellion du FLA ont lancé les 25 et 26 avril une série d’attaques coordonnées.

Ces opérations visaient des positions stratégiques de la junte au pouvoir et de l’armée. Plusieurs villes ont été touchées, y compris aux abords de Bamako, la capitale.

Le coût a été lourd pour le pouvoir militaire. Ces attaques ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara. Elles ont également conduit à la capture de plusieurs soldats maliens.

Une seconde vague a suivi quelques semaines plus tard. Début juillet, jihadistes et rebelles ont mené de nouvelles attaques coordonnées contre plusieurs localités ainsi que contre une prison.

Les assaillants ont alors fait de nouveaux prisonniers. Ils ont capturé plusieurs soldats maliens lors de ces combats, selon des vidéos de propagande que la coalition JNIM-FLA a publiées.

Libération de soldats maliens : un pays en crise depuis 2012

Le Mali figure parmi les pays les plus pauvres au monde. Des militaires le dirigent depuis deux coups d’État successifs, survenus en 2020 et 2021.

La crise sécuritaire, elle, précède largement l’arrivée de la junte. Le pays y est confronté depuis 2012.

Le pouvoir affronte aujourd’hui deux adversaires alliés. La junte est en guerre contre les rebelles du FLA et contre leurs alliés du JNIM, affilié à Al-Qaïda.

Depuis le printemps, la pression militaire s’est intensifiée. Cette rébellion a multiplié les attaques contre l’armée et contre la junte au pouvoir.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’échange de dimanche. Les prisonniers concernés proviennent directement des affrontements des derniers mois, mais aussi de détentions plus anciennes.

Réactions : le FLA met en avant des « civils détenus »

Le discours des porte-parole rebelles reste offensif. Attaye Ag Mohamed dénonce des détentions imputées à « la junte criminelle dans ses prisons secrètes », dont certaines dureraient, selon lui, depuis cinq années.

Le porte-parole décrit aussi l’état des personnes qu’il évoque. Ces « civils » sont « majoritairement dans un état physique et mental insoutenable », a-t-il affirmé, sans donner de nombre.

Le chiffre est venu d’un autre responsable du mouvement. Mohamed Elmaouloud Ramadane a évoqué « huit civils » relâchés en contrepartie.

Côté malien, l’information a circulé par des canaux non officiels. Elle a été transmise à l’AFP par une source de sécurité, puis confirmée par une source proche de la junte.

Libération de soldats maliens : des élargissements en série

Cet échange s’ajoute à une séquence déjà entamée. Le 13 août, 82 autres soldats détenus depuis avril par des jihadistes et leurs alliés rebelles touareg avaient été libérés.

Trois jours plus tard, un nouveau geste est intervenu. Les indépendantistes touaregs ont relâché le 16 août six soldats maliens blessés.

Deux ex-combattants de Wagner également relâchés

Un autre volet concerne des ressortissants russes. Deux anciens combattants de l’ex-groupe paramilitaire russe Wagner ont été libérés jeudi, avait appris l’AFP samedi de sources sécuritaires et diplomatiques.

Leur capture remontait à deux ans, dans le nord du Mali, lors de combats contre des rebelles touaregs alliés à des jihadistes. Les deux hommes avaient été faits prisonniers en juillet 2024 pendant les combats de Tinzaouatène, près de la frontière algérienne.

L’armée malienne y avait essuyé un revers avec ses alliés russes de Wagner. Face à eux se trouvaient les rebelles du Cadre stratégique permanent (CSP), devenu FLA, et les jihadistes du JNIM.

Africa Corps a confirmé ces libérations. L’organisation paramilitaire russe, qui a remplacé Wagner, a évoqué dans un communiqué la libération « de ressortissants russes détenus » depuis le 27 juillet 2024 par une « coalition terroriste FLA et JNIM ».

Un pouvoir désormais tourné vers Moscou

La junte malienne a tourné le dos à ses partenaires occidentaux. Elle s’est rapprochée de la Russie.

Ce réalignement a une traduction concrète sur le terrain. Les paramilitaires russes d’Africa Corps l’aident dans sa lutte antijihadiste.

Source : Agence France-Presse

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Liberia : Une ex-vice-présidente inculpée pour trafic de drogue

La justice libérienne a inculpé l'ancienne vice-présidente Jewel Howard-Taylor,...

Traite négrière à Saint-Louis : les vestiges du comptoir sénégalais disparaissent

Traite négrière à Saint-Louis : la façade d'un ancien...

Deux réalisateurs français détenus au Togo : RSF réclame leur libération immédiate

Deux réalisateurs français détenus au Togo depuis le 27...

Liberia : les États-Unis vont renvoyer jusqu’à 1 200 ressortissants d’ici un an

Le Liberia accepte de recevoir jusqu'à 1 200 ressortissants...