D’après les derniers indicateurs publiés par l’Institut National de la Statistique (INS). Près de 15 % des Camerounais sont aujourd’hui frappés par une insécurité alimentaire aiguë. Un bilan préoccupant qui met en lumière la fragilité croissante du pouvoir d’achat. Et de l’accès aux denrées de première nécessité à travers le pays.
Alors que les arbitrages budgétaires et la facture des importations de denrées monopolisent l’attention des cercles décisionnels. La réalité matérielle de la crise s’impose avec une brutalité froide dans le quotidien des ménages.
D’après les plus récents bilans publiés par l’Institut National de la Statistique. Près de 15 % de la population camerounaise demeure sous la menace directe d’une insécurité alimentaire aiguë.
Au-delà des équilibres macroéconomiques et des tableaux de bord institutionnels. Ce chiffre traduit une érosion préoccupante du pouvoir d’achat qui redessine la géographie sociale du pays.
Des disparités territoriales accentuées par les crises
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Sur le plan territorial, la vulnérabilité ne frappe pas le pays de manière homogène. Mais accentue des disparités régionales déjà marquées. Dans le Grand Nord, la combinaison récurrente des sécheresses. Et des perturbations sécuritaires dans le bassin du Lac Tchad. Entrave l’appareil productif local et déplace des milliers d’exploitants agricoles.
Parallèlement, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. L’instabilité socio-politique continue de fragiliser les réseaux traditionnels d’approvisionnement.
En milieu urbain, le phénomène prend une tournure plus pernicieuse puisque la crise ne découle pas d’une indisponibilité physique des denrées sur les étals, mais bien de l’inaccessibilité financière d’un panier de la ménagère devenu prohibitif pour les travailleurs du secteur informel.
Des arbitrages budgétaires drastiques au cœur des foyers
Face à cette contraction des revenus réels. Les ménages précarisés déploient des stratégies d’adaptation drastiques. Qui altèrent directement le capital humain national. La restriction de la fréquence des repas s’impose comme la première variable d’ajustement. Entraînant une substitution systématique des aliments riches en nutriments. Par des féculents de moindre coût.
« On ne fait plus qu’un seul repas par jour, le soir. À midi, je demande aux enfants de patienter jusqu’au dîner parce qu’avec mon budget, il est devenu impossible d’allumer le feu deux fois. » Déclare Clarice mère de 3 enfants, rencontré au petit marché d’Odza.
Dans la même lancé Laure mère au foyer confie. « La viande et le poisson frais sont devenus des luxes intouchables. Aujourd’hui, je n’achète plus que du manioc ou du macabo pour juste caler le ventre des enfants. Même si je sais que ce n’est pas assez nourrissant. »
Lorsque les dépenses de nourriture absorbent plus des trois quarts du budget familial. Les arbitrages budgétaires deviennent impossibles et contraignent les chefs de famille à sacrifier les dépenses de santé. Ou la scolarisation des enfants pour garantir la subsistance immédiate.
Le souffle court des solidarités communautaires
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Cette détérioration continue du pouvoir d’achat met également à rude épreuve les mécanismes traditionnels de solidarité intergénérationnelle et communautaire. Longtemps considérés comme un amortisseur social efficace. Les transferts financiers des actifs urbains vers les zones rurales s’essoufflent. Ce sous le poids de l’inflation métropolitaine.
Si l’action humanitaire et les distributions d’urgence étatiques permettent de contenir les situations de détresse extrême dans les zones prioritaires. Ces interventions ponctuelles ne parviennent pas à endiguer les causes structurelles du phénomène.
En définitive, la prévalence de cette insécurité alimentaire rappelle que le défi de la souveraineté nationale. Ne se résumera pas à de simples ajustements d’import-substitution. Ou à la régulation des flux commerciaux.
Sans une revalorisation nette des revenus et une protection ciblée des couches les plus exposées. Le coût social de cette crise continuera de peser comme un frein majeur. Sur la croissance et la cohésion du pays.












