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Les contacts Washington-Hamas compliquent les efforts de trêve à Gaza (analystes)

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Les pourparlers directs entre les Etats-Unis et le Hamas, considéré par Washington comme une organisation « terroriste », témoignent des difficultés des négociations en cours pour prolonger la trêve dans la bande de Gaza entrée en vigueur le 19 janvier et déjà en sursis, estiment les analystes.

Washington a révélé avoir tenu des discussions avec le Hamas alors que le bras de fer se poursuit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien sur la marche à suivre après l’expiration de la première phase du cessez-le-feu le week-end dernier.

Ce contact direct est « le signe d’un échec des médiations en vue d’un cessez-le-feu plus large », analyse Neil Quilliam, spécialiste en géopolitique pour qui il s’agit d’une démarche « symptomatique de l’impatience » du président américain Donald Trump face à des « négociations complexes ».

Quel avenir pour le Hamas après la mort de Yahya Sinouar?

Israël « doit être inquiet du caractère imprévisible de cette approche, qui pourrait compromettre ses intérêts immédiats », ajoute M. Quilliam, du groupe de réflexion Chatham House, rappelant que le président américain « n’a pas hésité à lâcher plusieurs de ses alliés clés ».

James Dorsey, un autre expert du Moyen-Orient, estime que ces discussions donnent au Hamas « le sentiment d’avoir été pleinement reconnu », ce qui « inquiète forcément » Israël.

– « Très peu confiance » –

« Cela complique encore davantage les négociations sur la trêve, car le Hamas sera renforcé dans sa position exigeant que l’accord initial soit respecté plutôt que d’accepter un calendrier israélien », souligne M. Dorsey.

La première phase du cessez-le-feu à Gaza, qui a duré six semaines et permis l’échange d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, a pris fin le week-end dernier.

Le Hamas réclame l’application de la deuxième phase de l’accord, qui doit aboutir à un cessez-le-feu durable, tandis qu’Israël a révisé les termes de l’accord initial, en proposant une extension de la première phase jusqu’à la mi-avril.

Israël dit avoir été consulté par Washington et « exprimé son opinion » sur des discussions directes entre Adam Boehler, envoyé spécial américain chargé de la question des otages retenus à Gaza, et le Hamas à Doha au cours des dernières semaines.

Israël annonce un « nouveau cadre » pour des pourparlers sur la libération des otages à Gaza

Selon le site d’information américain Axios, ces discussions ont porté sur la libération des otages américains encore détenus par le Hamas, mais aussi d’une manière plus large sur la libération de tous les otages restants, ainsi que sur la possibilité d’un cessez-le-feu permanent.

Pour Andreas Krieg, spécialiste des questions de sécurité au Moyen-Orient, cette décision de rencontrer le Hamas « montre clairement que les Etats-Unis ont très peu confiance en Israël et en ses négociateurs pour faire le nécessaire afin de libérer les otages ».

Selon lui, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a « cherché, depuis plus d’un an, à torpiller les processus de médiation visant à obtenir la libération des otages ».

« Et les Etats-Unis ont compris cela », souligne M. Krieg, du King’s College de Londres.

– « Une voie parallèle » –

Cela pourrait s’avérer utile pour le Qatar, qui avec l’Egypte et les Etats-Unis, a joué les médiateurs pour obtenir le cessez-le-feu, « de permettre l’ouverture d’une voie de négociation parallèle, sans un acteur comme le gouvernement Netanyahu, qui perturbe, sabote et compromet constamment » le processus, estime-t-il.

Le Qatar et l’Egypte « peuvent sembler aujourd’hui mis à l’écart, mais les Etats-Unis, Israël et le Hamas auront toujours besoin d’eux », car les actions des Américains et des Israéliens « vont aggraver les tensions, et ces deux pays arabes demeurent les seuls interlocuteurs capables de jouer un rôle constructif », souligne Neil Quilliam.

Quelques heures après la révélation des discussions avec le Hamas, Donald Trump a publié un message à l’attention de la population de Gaza: « vous êtes MORTS! » si les otages ne sont pas libérés.

Pour James Dorsey, cette déclaration pourrait être une tactique visant à « dissuader le Hamas, tempérer ses attentes et rassurer Israël ».

Ce « n’est pas une annonce politique » de la part du président américain, « il laisse tout le monde dans le flou », ajoute M. Dorsey, chercheur à l’Institut du Moyen-Orient de la National University of Singapore.

M. Krieg estime lui que « l’ultimatum lancé par Trump s’inscrit dans le cadre de la médiation, où il privilégie une approche coercitive et extrêmement transactionnelle, mettant une forte pression maximale sur le Hamas ».

Mais il souligne aussi que le président américain pourrait « chercher à détourner l’attention » après l’annonce de contacts américains directs avec le Hamas, en affirmant: « +je suis fort, je vais récupérer les otages (…) ça c’est pour moi un moyen de justifier nos discussions directes avec le Hamas+. »

Source: Agence France-Presse

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