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Le Terminal pétrolier de Novorossiïsk frappé : Moscou et Kiev se disputent la cible

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Le Terminal pétrolier de Novorossiïsk frappé dans la nuit du 5 au 6 avril 2026 : la Russie accuse l’Ukraine d’avoir incendié quatre réservoirs du Caspian Pipeline Consortium. Kiev revendique bien une attaque sur le port, mais désigne un autre site comme cible.

Quatre réservoirs en feu au cœur d’un nœud pétrolier stratégique

Dans la nuit de dimanche à lundi, des drones ont frappé le port russe de Novorossiïsk, en mer Noire. Le ministère russe de la Défense affirme que l’attaque a provoqué l’incendie de quatre réservoirs du terminal du Caspian Pipeline Consortium (CPC). Un oléoduc et un quai de chargement ont également été endommagés, selon Moscou.

Le CPC exploite l’un des oléoducs les plus importants au monde. Il achemine principalement du pétrole kazakh depuis des champs pétrolifères au Kazakhstan, traverse le territoire russe et débouche sur la mer Noire. Le terminal de Novorossiïsk constitue le point de sortie de ce flux énergétique majeur.

Parmi les actionnaires du CPC figurent les géants pétroliers américains Chevron et ExxonMobil. Le consortium n’avait pas réagi ni confirmé les déclarations russes au moment de la publication de cette dépêche.

Le Terminal pétrolier de Novorossiïsk frappé : deux versions contradictoires

Moscou et Kiev s’accordent sur un point : une attaque a bien eu lieu à Novorossiïsk. La divergence porte sur la cible.

Le ministère russe de la Défense désigne explicitement le terminal du CPC. Les services de sécurité ukrainiens (SBU), eux, affirment avoir frappé conjointement avec des unités des forces armées le terminal pétrolier de Cheskharis, qu’ils décrivent comme « l’un des plus importants complexes de transbordement de pétrole et de produits pétroliers du sud de la Russie ». Le SBU ne mentionne pas le CPC.

Selon les services ukrainiens, l’attaque sur Cheskharis a endommagé « six des sept postes de chargement et de déchargement de pétrole », un « bloc de jonction du réseau d’oléoducs », et déclenché des incendies de grande ampleur. Les deux terminaux se trouvent dans le même port. La concordance géographique explique en partie les lectures divergentes des deux capitales.

Un site déjà ciblé, une stratégie assumée

Ce n’est pas la première fois que le CPC de Novorossiïsk se retrouve dans le viseur. Fin novembre, des frappes de drones navals attribuées à l’Ukraine avaient fortement endommagé ce même terminal. Le ministère kazakh de l’Énergie avait alors qualifié l’attaque d’« inacceptable », estimant qu’elle créait des « risques pour la sécurité énergétique mondiale ».

D’autres incidents ont marqué les eaux de la zone. En mars, un pétrolier grec avait essuyé un « engin indéterminé », selon son propriétaire, alors qu’il attendait des instructions en limite des eaux territoriales russes pour rejoindre le CPC.

En janvier, des drones avaient visé deux pétroliers grecs à proximité du même port. Athènes avait condamné l’attaque ; les navires n’avaient pas subi de dommages majeurs.

L’armée ukrainienne cible régulièrement des navires de la flotte dite « fantôme », utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales. Kiev frappe aussi des sites pétroliers en territoire russe afin de perturber les revenus des hydrocarbures qui financent l’effort de guerre russe.

Moscou parle de déstabilisation mondiale, Zelensky propose une trêve

Dans son communiqué, le ministère russe de la Défense affirme que le « régime de Kiev » cherche à provoquer « une déstabilisation du marché mondial des hydrocarbures et l’arrêt des livraisons de produits pétroliers aux consommateurs européens ».

Moscou dépasse ainsi le cadre strictement ukrainien et impute à Kiev une responsabilité à l’échelle internationale.

La posture ukrainienne, elle, s’inscrit dans une logique d’attrition économique assumée. Affaiblir les capacités exportatrices russes fait partie intégrante de la stratégie de Kiev depuis plusieurs mois.

Une proposition de cessez-le-feu énergétique transmise à Moscou

Lundi soir, Volodymyr Zelensky a révélé qu’une proposition de trêve sur les frappes énergétiques avait été transmise à la Russie via des médiateurs américains.

« Si la Russie est prête à arrêter de frapper notre secteur énergétique, nous serons prêts à faire de même. Et cette proposition de notre part – transmise par les Américains – a été communiquée à la partie russe », a-t-il déclaré.

Cette déclaration intervient le soir même de l’attaque revendiquée par les services ukrainiens contre Novorossiïsk.

Les opérations militaires se poursuivent. Les deux camps négocient en parallèle sur des dossiers précis, dont les infrastructures énergétiques. Cette déclaration illustre cette contradiction persistante.

Moscou n’avait pas répondu publiquement à cette proposition au moment de la parution de la dépêche.

Source : Agence France-Presse

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