Les premières victimes américaines en Iran tombent dimanche. Trois soldats sont tués, cinq autres grièvement blessés. Washington confirme ce bilan depuis le début de l’opération militaire. Pendant ce temps, Téhéran frappe en représailles les pays du Golfe, Israël et l’Irak. Le guide suprême Ali Khamenei est mort. Le Moyen-Orient bascule dans une guerre ouverte.
Les premiers soldats américains tombent : le seuil franchi
Washington franchit dimanche un seuil symbolique et militaire. Le commandement américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, annonce la mort de trois soldats américains.
Les explosions grièvement blessent cinq autres soldats. Ce sont les premières victimes américaines confirmées depuis le lancement de l’opération contre l’Iran. Le prix humain de l’offensive commence à se compter.
Les frappes israélo-américaines sans précédent se poursuivent contre l’Iran. Elles visent le cœur du régime. Outre Ali Khamenei, plusieurs hauts responsables iraniens périssent. Le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, est tué. Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême, tombe également. Le chef d’état-major de l’armée, Abdolrahim Moussavi, subit le même sort, selon la télévision d’État iranienne. Israël affirme avoir éliminé 40 hauts gradés, dont Khamenei lui-même.
La mort du guide suprême, d’abord annoncée par Donald Trump, est confirmée dans la nuit par la télévision d’État iranienne. Ali Khamenei dirigeait l’Iran d’une main de fer depuis près de 37 ans. Son départ brutal laisse un vide immense au sommet du pouvoir. La transition s’organise en urgence. Un triumvirat prend les rênes : le président Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et le haut dignitaire religieux Alireza Arafi, selon un média d’État iranien.
L’Iran riposte tous azimuts : Golfe, Israël, Irak
À Téhéran, deux réalités coexistent dans les mêmes rues. Des milliers de personnes se rassemblent en larmes, brandissant des drapeaux iraniens aux cris de « mort à l’Amérique » et « mort à Israël », selon un journaliste de l’AFP sur place. Mais ailleurs dans la ville, de la musique s’échappe des fenêtres. Des acclamations de joie retentissent, captées dans des vidéos vérifiées par l’AFP. « Nous sommes dans la rue et nous célébrons la nouvelle », confie au téléphone à un journaliste de l’AFP une habitante quadragénaire de Téhéran, des cris de joie audibles en arrière-fond.
La réponse iranienne est massive et immédiate. Les Gardiens de la Révolution lancent une attaque qu’ils qualifient eux-mêmes de « grande envergure ». Un responsable iranien précise l’objectif : Téhéran cible les bases américaines dans les pays voisins, pas ses voisins eux-mêmes. La nuance est diplomatique. Les dégâts, eux, sont bien réels.
Des journalistes de l’AFP entendent de nouvelles explosions à Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Ryad, Manama et Oman. Ryad intercepte des missiles iraniens visant l’aéroport international et la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains, selon une source du Golfe au fait du dossier, citée par l’AFP. Les Émirats arabes unis dressent un bilan lourd depuis le début des hostilités : trois morts et 58 blessés. Ils appellent l’Iran à revenir « à la raison ».
Détroit d’Ormuz, Israël, Irak : l’Iran étend le front de guerre
Dans le détroit d’Ormuz, deux navires sont attaqués au large des Émirats et d’Oman. L’armateur italo-suisse MSC, premier armateur mondial, ordonne à tous ses navires dans le Golfe de « se mettre à l’abri ». Le commerce maritime mondial retient son souffle. Les hostilités provoquent l’annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient. Le Royaume-Uni exhorte ses citoyens présents au Bahreïn, au Koweït, au Qatar et aux Émirats à « rester à l’abri ». La France se tient prête à évacuer ses ressortissants au Proche-Orient.
Comme Téhéran l’avait annoncé, l’Iran frappe aussi Israël. Neuf personnes sont tuées dimanche à Bet Shemesh, dans le centre du pays. Un bâtiment s’effondre après une « frappe directe » d’un missile iranien, selon les secours, qui évacuent 28 blessés dont deux dans un état grave. À Tel-Aviv, plus de 20 personnes sont blessées. Dimanche matin, les sirènes d’alerte aérienne retentissent dans plusieurs régions d’Israël. Les frappes s’étendent aussi au nord de l’Irak, où des missiles et des drones ciblent des positions où sont déployées des troupes américaines. En Syrie, Israël intercepte un missile iranien. En Jordanie, les forces armées abattent 13 missiles balistiques depuis le début des hostilités.
Menaces croisées : « Une force qu’ils n’ont jamais connue »
Les échanges de menaces s’intensifient. Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, publie un message en majuscules sur X : « HIER, L’IRAN A TIRÉ DES MISSILES SUR LES ÉTATS-UNIS ET ISRAËL, ET ILS ONT FAIT MAL. AUJOURD’HUI, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE QU’ILS N’ONT JAMAIS CONNUE. » Le ton est celui d’une escalade assumée, revendiquée, irréversible.
Donald Trump répond sur Truth Social avec la même emphase : « S’ILS LE FONT, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE SANS PRÉCÉDENT! » Il juge que le peuple iranien tient là sa « plus grande chance » de « reprendre » le contrôle du pays. Les États-Unis et Israël affirment simultanément qu’ils poursuivront leurs frappes. Plusieurs explosions retentissent dans la matinée à Téhéran, selon des journalistes de l’AFP sur place. L’armée israélienne annonce qu’elle va frapper « au cœur » de la capitale iranienne.
Le président iranien Massoud Pezeshkian déclare dimanche que venger la mort de Khamenei est un droit « légitime ». La mécanique de l’escalade est enclenchée. Chaque frappe appelle une riposte. Chaque riposte justifie une nouvelle frappe. Le cycle semble impossible à briser.
Face à cette spirale, deux voix s’élèvent pour appeler à l’arrêt. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, met en garde contre « une série d’événements que personne ne peut contrôler ». Le pape Léon XIV appelle à mettre fin à la « spirale de la violence ». Leurs appels résonnent dans le vide d’une communauté internationale paralysée.
Les justifications de Washington et Tel-Aviv : nucléaire et menaces « imminentes »
Washington et Tel-Aviv avancent leurs arguments pour justifier l’offensive. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu invoque la « menace existentielle » que fait peser selon lui l’Iran sur Israël. Donald Trump dit répondre à des menaces « imminentes » contre les États-Unis, liées au programme nucléaire iranien et à ses capacités de missiles balistiques.
De hauts responsables américains accusent Téhéran d’avoir relancé la reconstruction des sites nucléaires frappés en juin 2025. Ils reprochent aussi à l’Iran d’exclure tout dialogue sur ses missiles balistiques, un point majeur d’inquiétude pour Israël. Ces accusations servent de fondement légal et politique à une opération militaire dont l’ampleur dépasse tout ce que la région a connu depuis des décennies.
En Iran, le bilan humain des frappes s’alourdit heure après heure. Le Croissant-Rouge iranien annonce samedi plus de 200 morts à travers le pays. Le pouvoir judiciaire iranien évoque au moins 108 morts dans une école de filles, un bilan invérifiable de source indépendante. Israël dit ne pas être au courant d’une frappe sur une école. Les chiffres se contredisent. La vérité reste prisonnière du brouillard de guerre.
Le Moyen-Orient entre dans une phase inconnue. Khamenei est mort. Les soldats américains tombent. Les missiles volent dans toutes les directions. Et personne, ni à Washington, ni à Téhéran, ni aux Nations Unies, ne semble tenir les clés de la sortie de crise.
Avec l’AFP, Dubaï, 1er mars 2026
















