À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, une réalité surprend dans les rues de Douala. La plupart des femmes ignorent le thème de cette 41ᵉ édition. Pourtant, les marchés vibrent de plus en plus au rythme du 8 mars.
Placée cette année sous le thème « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles », la célébration est avant tout consacrée à la défense des droits féminins. Mais dans les marchés de la capitale économique, l’attention semble ailleurs. Au marché central, à Mboppi et à Ndokoti, les comptoirs ne désemplissent plus. Les clientes affluent pour acheter leur kaba, symbole vestimentaire incontournable de la journée.
Toutefois, lorsque la question du thème leur est posée, beaucoup hésitent. Mireille, 34 ans, commerçante au marché central, reconnaît sans détour : « Je sais que le 8 mars approche, mais je ne connais pas le thème. Ce qui compte pour nous, c’est surtout le kaba. » Elise, 42 ans, esthéticienne fait le même constat. « On parle beaucoup du pagne et des cérémonies. Mais le thème, personne ne nous l’explique vraiment. »
À Mboppi, Gaëlle, 27 ans, coiffeuse, avoue penser d’abord à la tenue. « Chaque année, on veut un beau kaba pour la fête. C’est la première chose à laquelle on pense. » Alice, 38 ans, couturière, observe cette tendance au quotidien. « Les clientes viennent avec des modèles de kaba. Elles discutent des styles, jamais du thème. » Géraldine, 45 ans, restauratrice, voit plutôt la journée comme un moment de convivialité. « Pour nous, le 8 mars est surtout un moment pour sortir entre femmes et partager. »
Pascaline, secrétaire âgée de 31 ans, admet aussi son ignorance. « Honnêtement, je ne connais pas le thème. Mais j’ai déjà acheté mon pagne. » Michelle, 50 ans, ménagère, estime que l’information circule mal. « Peut-être que le thème passe à la télévision, mais beaucoup de femmes ne le retiennent pas. » Carole, 29 ans, étudiante, reconnaît la même chose. « Je ne connais pas le thème, mais je prépare déjà ma tenue pour la journée. »
Une exception
Au milieu de ces réponses, une exception se distingue. Lumière A., 36 ans, employée dans une entreprise brassicole, connaît bien le message de cette édition. « Le thème de ce 08 mars parle des droits et de la justice pour toutes les femmes. C’est un rappel que cette journée doit aussi servir à agir. » A Douala, beaucoup de femmes semblent encore privilégier les accessoires de la fête au message qu’elle porte.
















