Les violences faites aux femmes et aux enfants sont au centre des préoccupations. Une action coordonnée pour le combat de ce fléau se prépare.
Elle regroupe le ministère de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff). La Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) et le Barreau du Cameroun. Les trois entités préparent un cadre commun d’intervention en faveur des femmes et des enfants victimes de violences.
Un mémorandum d’entente
Elles se sont concertées à Yaoundé, le 11 août 2026. Avec pour finalité de produire un mémorandum d’entente pour mieux coordonner la prévention. L’assistance sociale, la protection des droits et l’accompagnement juridique.
Il fallait bien s’y pencher. Dès lors qu’on est dans un contexte marqué par les cas de violences sexuelles sur mineurs, de disparitions d’enfants. De féminicides, de maltraitances et d’autres formes de violences basées sur le genre.
D’ailleurs, ces affaires très médiatisées suscitent les interrogations sur la capacité des institutions à rapidement intervenir. Surtout, à assurer un suivi en permanence des victimes après coup ou l’ouverture d’une procédure en justice.
En effet, l’enjeu du partenariat qui se noue est de réduire les ruptures entre les différents intervenants. Dans l’approche, une victime peut avoir besoin en même temps, d’une protection sociale, d’un accompagnement psychologique. D’une prise en charge médicale et d’une assistance juridique.
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La répartition des responsabilités
En principe, lorsque ces services fonctionnent séparément, les démarches deviennent plus longues et plus difficiles pour des personnes déjà fragilisées. Ainsi, la réunion de Yaoundé a porté, entre autres, sur la répartition des responsabilités. Les mécanismes pour faciliter la circulation des dossiers entre les différentes structures.
Et dans les propositions, le Barreau du Cameroun devrait apporter au dispositif sa capacité d’accompagnement juridique. Un contenu utile aux victimes qui disposent de ressources assez limitées ou qui maîtrisent mal les procédures judiciaires.
Pour ce qui est du Minproff, il va plutôt conserver un rôle central dans l’assistance sociale et l’orientation des victimes. Et la CDHC va apporter son expertise dans la protection et la promotion des droits fondamentaux.
L’objectif affiché est de construire une prise en charge plus intégrée, depuis le signalement d’une violence jusqu’à l’assistance de la victime et, lorsque cela est nécessaire, son accompagnement devant les juridictions.
Une évolution dans l’approche institutionnelle
Toutefois, la mise en place d’un mémorandum d’entente n’est qu’une première étape. Il faut bien mettre en place des mécanismes opérationnels pour l’accompagner. Il va s’agir d’avoir des points de contact clairement identifiés. De mettre en place des procédures de référencement des victimes. De fixer des délais de prise en charge, la disponibilité d’avocats. Et articulation avec les services de police, de santé et de justice.
L’autre enjeu, et pas le moindre, c’est le financement. Il faut bien avoir les structures d’accueil et avec un personnel spécialisé. Il faut également voir la prise en charge globale des victimes. Notamment, l’accès aux soins, à l’assistance psychologique et à la représentation juridique. L’autre grand défi, ce sont les résultats chiffrés pour une évaluation efficace.
Pour donner une note d’appréciation, il faut relever que le projet marque une évolution dans l’approche institutionnelle. Ainsi donc, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants va être envisagée autrement. En dehors de la répression des auteurs, il va aussi avoir la continuité de l’accompagnement des victimes.












