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Frappes russes sur Kiev : au moins 16 morts, Zelensky dénonce une escalade

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Frappes russes sur Kiev : au moins 16 personnes ont perdu la vie jeudi dans la capitale ukrainienne et sa région, sous l’effet d’une attaque massive de drones et de missiles. Volodymyr Zelensky accuse Moscou de pousser à l’« escalade » et réclame à ses alliés des intercepteurs Patriot. L’Ukraine manque de moyens face aux missiles balistiques russes.

Frappes russes sur Kiev : un bilan d’au moins 16 morts

Les autorités ukrainiennes recensent au moins 16 morts et une cinquantaine de blessés à Kiev et dans sa région. Une nouvelle attaque massive de drones et de missiles russes a visé la capitale jeudi.

Volodymyr Zelensky accuse Moscou de pousser à « l’escalade ». Le président ukrainien parle au moment où son pays manque de moyens d’interception.

Dans la capitale, les frappes ont endommagé des immeubles résidentiels. Elles ont aussi touché un hôpital pour enfants et une école, selon M. Zelensky.

Ce décompte constitue le dernier bilan communiqué par les autorités. Il porte sur la capitale et sur les localités environnantes.

Une offensive aérienne de près de neuf heures

Le Premier ministre ukrainien Serguiï Koretsky décrit une attaque qui a duré près de neuf heures. Des dizaines de missiles et de drones ont visé Kiev et sa région pendant cette séquence.

Au petit matin, l’AFP a constaté la scène en bas d’un immeuble aux fenêtres éventrées. Un sac mortuaire en plastique noir contenant le corps d’une victime rejoignait un minivan.

Dans le district de Boryspil, près de Kiev, l’attaque a endommagé des entrepôts de produits alimentaires, selon les autorités. Le nouveau chef du gouvernement signale aussi des dégâts sur des infrastructures civiles dans les régions d’Odessa et de Tcherniguiv.

Le ministère russe de la Défense livre une autre version des cibles visées. Il affirme avoir frappé une usine du fabricant ukrainien de drones Fire Point, des installations du constructeur aéronautique Antonov et des entrepôts logistiques.

L’Ukraine, elle, ne communique jamais sur les dégâts causés à ses infrastructures militaires. Cette règle rend toute vérification indépendante impossible sur ce point précis.

Frappes russes sur Kiev : quatre ans de guerre sans issue

Plus de quatre ans après le début de l’invasion russe, le front ne bouge presque plus. Les avancées restent minimes et la diplomatie tourne au ralenti.

Moscou poursuit malgré tout ses frappes sur les villes ukrainiennes, notamment avec des missiles balistiques. Kiev intensifie en retour ses frappes de drones à longue portée en territoire russe.

Cette double dynamique installe une guerre d’usure aérienne. Chaque camp frappe loin derrière la ligne de front, faute de percée militaire décisive.

Les missiles balistiques occupent une place centrale dans cet affrontement. Kiev les présente comme la menace la plus difficile à contrer aujourd’hui.

La Russie a rapporté jeudi avoir intercepté 726 drones ukrainiens au cours de la nuit. Elle en revendique 64 autres dans la journée. Ces attaques ont blessé plusieurs personnes le même jour.

Entrepôts, ports et navires dans la ligne de mire

Depuis des semaines, les deux camps multiplient les frappes sur des entrepôts civils, en Ukraine comme en Russie. Kiev vise en particulier les sites du géant russe de l’e-commerce Wildberries.

Moscou cible de son côté Rozetka, l’équivalent ukrainien de cette plateforme. Cette guerre logistique touche directement les circuits d’approvisionnement des populations.

Les attaques visent aussi régulièrement des sites pétroliers, des installations portuaires et des navires en mer Noire. Les bombardements russes répétés sur le port d’Odessa ont mis une grande partie des exportations agricoles ukrainiennes à l’arrêt.

Ce blocage pèse sur l’un des piliers économiques du pays. Il prolonge sur le terrain économique une guerre que le front militaire ne tranche pas.

Frappes russes sur Kiev : le manque criant d’intercepteurs Patriot

Depuis des mois, M. Zelensky réclame à ses alliés occidentaux de nouveaux moyens face aux missiles russes. Il demande en priorité des intercepteurs américains Patriot.

La guerre au Moyen-Orient a affaibli les stocks mondiaux de ces munitions depuis le début du conflit ukrainien. Cette pénurie pèse aujourd’hui sur la défense antiaérienne de l’Ukraine.

Donald Trump avait d’abord laissé entendre qu’il autoriserait l’Ukraine à produire elle-même des intercepteurs Patriot. Le président américain est ensuite revenu sur cette position.

Il dit désormais qu’il n’en est « pas sûr ». Ce revirement laisse Kiev sans réponse claire sur sa principale demande militaire.

La question dépasse le seul cas ukrainien. Washington gère ses propres besoins en munitions dans un contexte régional tendu.

Début août, un journaliste l’a interrogé dans le Bureau ovale sur les requêtes répétées de Volodymyr Zelensky. « Nous aussi, on veut des missiles », a lancé M. Trump, dans le contexte de la guerre contre l’Iran.

Zelensky dénonce une escalade et l’inaction du monde

Le président ukrainien a détaillé sa position dans son adresse quotidienne. « Malheureusement, les missiles balistiques constituent le plus grand défi à l’heure actuelle », a-t-il souligné.

Il place ensuite la responsabilité du côté de ses partenaires. « Nous avons besoin de missiles (antimissiles, NDLR) pour les Patriot, ce que seuls nos partenaires peuvent nous fournir », a-t-il plaidé.

M. Zelensky vise aussi la réaction internationale à ces bombardements. « Malheureusement, tandis que Moscou investit dans les missiles balistiques et l’escalade, le monde ne réagit pas toujours de manière adéquate à de telles attaques », a-t-il estimé.

Ces déclarations résument la ligne de Kiev. Le pouvoir ukrainien lie désormais sa capacité à protéger ses villes aux livraisons occidentales.

Les voisins de l’Ukraine placent leur aviation en alerte

La Pologne a annoncé jeudi avoir mobilisé son aviation à l’intérieur de son espace aérien. Varsovie entend prévenir tout incident lié à l’offensive aérienne russe sur l’Ukraine.

En Roumanie, deux avions de chasse espagnols et un hélicoptère de l’armée roumaine ont décollé au cours de la nuit. Ils surveillaient des « cibles » repérées à proximité de la frontière ukraino-roumaine.

Un drone a finalement pénétré dans l’espace aérien roumain. Il s’est écrasé dans une zone inhabitée près de Grindu, dans l’ouest du pays.

Bucarest impute par ailleurs à la Russie l’apparition d’un drone naval chargé d’explosifs en mer Noire. Un chasseur F-16 roumain a détruit cet engin à proximité d’une plateforme gazière.

Ces épisodes rapprochent le conflit du territoire de l’Alliance atlantique. Deux pays voisins ont engagé des moyens militaires en une seule nuit.

Conséquences et suite attendue

La diplomatie n’ouvre aucune perspective immédiate de sortie de crise. Les efforts sous médiation américaine pour mettre fin au conflit stagnent depuis le début de l’année.

Les échanges de prisonniers de guerre et de dépouilles de soldats tués restent les seuls domaines de coopération entre les deux belligérants. Ce canal étroit ne débouche sur aucune négociation politique.

Kiev fait donc reposer sa défense sur ses partenaires occidentaux. Sans nouveaux intercepteurs, l’Ukraine restera exposée aux missiles balistiques que M. Zelensky décrit comme le plus grand défi du moment.

Les frappes russes sur Kiev pèsent aussi sur la sécurité régionale. Les alertes polonaises et roumaines montrent que le conflit déborde déjà les frontières ukrainiennes.

Le cycle des frappes croisées se poursuit de part et d’autre. Moscou vise les villes ukrainiennes, tandis que Kiev multiplie les drones à longue portée en Russie.

Source: Agence France-Presse

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