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Douala : La poussière règne à Beedi

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Depuis plus de deux mois, un tronçon routier laissé inachevé plonge habitants, commerçants et usagers de Beedi dans un épais nuage de poussière. Entre difficultés à respirer, baisse d’activités et conditions de vie dégradées, le quotidien est devenu un véritable calvaire.

Du gravier éparpillé sur une portion de la chaussée non goudronnée soulève un nuage de poussière quasi permanent. À chaque passage de moto, voiture ou camion, la poussière s’élève, envahit l’air et retombe sur tout : visages, vêtements et étals de nourriture. Du marché jusqu’au lieu-dit « Haute Tension » à Beedi, dans l’arrondissement de Douala 5ᵉ, respirer est devenu un véritable calvaire.

En bordure de route, de petits commerces de nourriture continuent tant bien que mal de fonctionner, malgré un environnement devenu hostile. « C’est trop dur avec la poussière… Le jour où il pleut même, on est fiers. Mais quand il ne pleut pas, la poussière envahit toute la rue », confie Lisette, vendeuse. Malade, elle enchaîne grippe et maux de tête. « Ça fait déjà trois mois qu’on vit ça. Les clients fuient, ils ne veulent pas manger ce qui est exposé à la poussière. Mais nous, on est obligés de rester… même pour gagner 1000 francs. »

Pour ces commerçantes, la situation est d’autant plus critique que les produits vendus sont sensibles. « La nourriture, c’est délicat. Quand ça se gâte, on jette. Le marché ne passe plus comme avant » , ajoute-t-elle, résignée. Sur la route, les usagers ne sont pas épargnés. « Avec l’état de la route et la poussière, je suis constamment malade : la grippe, la toux… « , témoigne un jeune habitué de l’axe.

Deux mois plus tôt, la situation était différente

Pourtant, deux mois plus tôt, la situation était différente. La route, bien que partiellement dégradée, restait praticable. Mais depuis le lancement de travaux de réhabilitation aujourd’hui à l’arrêt, la chaussée s’est transformée en une piste poussiéreuse. Résultat : piétons, conducteurs de motos et de véhicules, commerçants, tous suffoquent au quotidien.

Face à cette réalité, certains tentent de s’adapter. La plupart des moto-taximen circulent désormais avec des cache-nez. Auréline, commerçante, a poussé les précautions plus loin : lunettes fumées, cache-nez, vêtements à manches longues. Chaque matin, elle asperge d’eau les abords de son conteneur de commerce pour limiter la poussière. Un effort vite balayé par le passage des véhicules.

Poussière sur les cils, les paupières, les cheveux…

Pour ceux qui ne sont pas protégés, les traces sont visibles : poussière sur les cils, les paupières, les cheveux, jusque sur les vêtements, même les plus clairs. « Quand je prends la moto sur cette route, je couvre toujours ma tête avec un foulard », explique Charline.  » Sinon, mon cuir chevelu va me démangé à cause de la poussière qui s’y dépose. »

Malgré les difficultés, les commerçantes n’ont pas vraiment le choix. « On vend tous les jours, même avec les cache-nez. On ne peut pas rester à la maison. Sinon, on va manger quoi ? « , lance une autre vendeuse. Impuissantes, elles dénoncent surtout l’arrêt des travaux. « Ceux qui ont commencé le chantier et laissé, on ne peut pas les obliger à revenir. On subit seulement.  »

Dans cette zone de Douala, la poussière ne se contente plus de salir : elle s’impose comme une épreuve quotidienne, affectant la santé, l’économie locale et les conditions de vie des populations.

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