Paul Ndom est professeur titulaire et pilier de la lutte contre le cancer au Cameroun. Il a été présent aux travaux du congrès international de la société camerounaise d’oncologie. Qui s’est tenu à Douala du 23 au 27 mars 2026. Avec lui, on a parlé de l’accueil et de la communication comme piliers de prise en charge du cancer.
Vous dites que l’accueil et la communication sont des piliers d’une bonne prise en charge, on veut bien comprendre cela.
Avec plusieurs années d’exercice, j’ai compris qu’il y a deux piliers de la lutte contre le cancer. Il y a la communication et l’accueil. Ce sont les deux piliers de la lutte contre le cancer. Quand vous accueillez bien les malades du cancer, vous ne savez pas ce que vous lui faites. Vous commencez à le traiter. Parce que les malades du cancer se sentent souvent abandonnés. Et si vous les accueillez de bonne manière, vous leur remontez le moral.
Donc il y a cet accueil. Quand vous les recevez dans de bonnes conditions, le moral est ressorti. J’ai connu des malades qui, à la fin d’un bon accueil, vous disent qu’ils se sentent guéris. Vous serrez la main à un malade. lui parlez. l’écoutez.
Le malade se sent soulagé. Il sent que la douleur a diminué à cause de cet accueil-là. Donc pour moi c’est des piliers importants dans la lutte contre le cancer. Quand vous écoutez un malade, vous l’écoutez avec deux oreilles. Vous êtes attentif. Vous leur parlez. Et ça fait beurre pour le moral. Ça les remonte.
Vous dites que le patient a le droit à la vérité sur sa maladie.
Ce n’est pas seulement dire au malade que vous avez un cancer. C’est expliquer au malade ce qu’il a. Lui expliquer exactement comment se passe sa maladie. Comment ça se manifeste. Ce sont ces éléments-là qui remontent le malade. Ce n’est pas parler cancer. Le cancer ne veut rien dire. Mais expliquer au malade ce qui lui arrive. Comment on va le soigner.
Ce sont ces éléments qui comptent pour le malade. Ce n’est pas le mot cancer. Le mot cancer ne veut rien dire. Il ne faut même pas utiliser ça. Il faut lui expliquer comment se manifeste son cancer. Que de lui dire que vous avez le cancer. C’est ça qui explique que le malade se sente remonté. Quand vous lui avez expliqué l’importance de sa maladie.
On vous a suivi insister sur la solidarité entre les soignants. Ç’est dire qu’il y a un problème ?
Oui il y a un problème. Certains médecins ne communiquent pas entre eux. Ils ne s’ouvrent pas. Et ça ce n’est pas bien. Il faut que les médecins se parlent, se communiquent. Il y a des choses qu’il faut se dire. Pour que les malades soient rassurés.
Vous avez dit que « seuls nous allons vite, mais ensemble nous allons très loin…»
Ça ne vient pas seulement de moi seul. C’est une vérité qu’il faut continuer à dire dans la société. Il faut qu’on soit ensemble pour mener ce combat qui est important. Et on ne pourra pas gagner ce combat contre le cancer en le faisant seul. Il faut qu’on soit ensemble pour qu’on puisse en sortir. On va en sortir par la professeure.
Vous avez insisté en disant que l’accueil et la communication ne sont pas seulement des accessoires.
Ce ne sont pas du tout des accessoires. L’accueil est un pilier important de la lutte contre le cancer. C’est un pilier parce que les malades du cancer, souvent, ne sont pas bien accueillis. Il faut les accueillir, leur serrer la main, et leur montrer que vous êtes là pour les soutenir. C’est ça que je voulais dire.
Il y a un congressiste congolais, qui dit avoir peur d’envoyer les malades chez certains confrères qui remettent en cause le protocole commencé. Et vous avez dissipé ce malentendu.
Oui, c’est vraiment un malentendu. Parce que vous devez expliquer aux malades qu’on est ensemble dans la lutte contre le cancer. C’est ça qu’il faut que les uns et les autres comprennent. Et c’est ça que je voudrais que nous comprenions. Que nous devons communiquer ouvertement et franchement dans la lutte contre le cancer.
Un message aux oncologues ?
Le message, c’est celui que j’évoque tous les jours. Il faut soutenir les malades du cancer, malgré les difficultés qu’il y a dans la prise en charge du cancer. Il faut que les oncologues comprennent qu’ils doivent se battre, qu’ils doivent être solidaires pour lutter contre le cancer.
















