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Pourparlers Liban Israël Washington : des négociations sous haute pression américaine

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Pourparlers Liban Israël Washington : Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi l’ouverture de négociations directes avec Beyrouth. Une réunion se tiendra la semaine prochaine dans la capitale américaine pour discuter d’un cessez-le-feu. Les positions des deux camps restent cependant très éloignées sur des points fondamentaux.

Netanyahu se résout à négocier sous pression américaine

Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi avoir donné l’ordre à son cabinet d’engager des « négociations directes » avec le Liban « dans les plus brefs délais ». Un responsable du département d’État américain a confirmé à l’AFP qu’une réunion se tiendrait la semaine prochaine à Washington pour « discuter des négociations de cessez-le-feu ».

Cette décision n’est pas spontanée. David Wood, expert à l’International Crisis Group, est direct : le gouvernement Netanyahu « a clairement accepté de négocier avec le Liban sous la pression des États-Unis, principal allié d’Israël ». Alex Grinberg, chercheur à l’Institut de Jérusalem pour la Stratégie et la Sécurité, confirme qu’Israël a accepté ces discussions « simplement pour répondre à la pression diplomatique internationale ».

Washington a pesé de tout son poids. Selon Wood, la priorité américaine dans la région est de « maintenir le détroit d’Ormuz ouvert au trafic maritime mondial ». Les attaques israéliennes sur le Liban « risquaient de compromettre cet objectif », précise l’analyste, alors que Téhéran conditionne le cessez-le-feu régional à l’inclusion du Liban dans l’accord.

Un contexte régional sous haute tension

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans le conflit le 2 mars. Dès la semaine suivante, le président libanais Joseph Aoun s’était prononcé en faveur de « négociations directes sous parrainage international ». Beyrouth et Tel-Aviv sont techniquement en état de guerre depuis des décennies.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait près de 1 900 morts au Liban et provoqué le déplacement d’un million de personnes. Cette semaine, Washington et Téhéran ont conclu une trêve régionale de deux semaines. Israël et l’Iran s’affrontent désormais sur la question de l’inclusion du Liban dans cet accord.

Pourparlers Liban Israël Washington : des demandes irréconciliables

Les positions des deux parties divergent sur plusieurs points essentiels. Beyrouth réclame un cessez-le-feu avant tout début de négociations, selon un responsable libanais ayant requis l’anonymat auprès de l’AFP. Le gouvernement libanais exige également le retrait complet des troupes israéliennes de son territoire.

Israël n’a pas montré de disposition à arrêter la guerre. Ses responsables répètent leur intention d’établir une « zone de sécurité » dans le sud du Liban. Netanyahu a précisé que les négociations porteraient sur « le désarmement du Hezbollah et l’établissement de relations de paix entre Israël et le Liban ».

Ces deux agendas sont difficilement compatibles. Beyrouth arrive à la table en position défensive, sous pression militaire constante. Tel-Aviv entend dicter les termes d’un réaménagement sécuritaire profond dans le sud du pays.

Le Hezbollah rejette toute concession

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a haussé le ton vendredi. Il a appelé les responsables libanais à ne pas faire de « concessions gratuites à Israël ». La veille, un député du parti avait affiché le rejet par le mouvement de toute négociation directe entre le Liban et Israël.

Sur le terrain, le Hezbollah continue de combattre les forces israéliennes progressant dans le sud. Le mouvement maintient également ses tirs de roquettes et de missiles sur le territoire israélien. Ces faits illustrent la persistance d’une capacité militaire intacte, malgré les engagements formels pris par les autorités libanaises.

La décision gouvernementale du 2 mars d’interdire les activités militaires du Hezbollah est restée sans effet. En janvier, l’armée libanaise avait pourtant annoncé avoir achevé le démantèlement des structures militaires du parti dans le sud du pays, entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord.

Pourparlers Liban Israël Washington : l’impasse structurelle du gouvernement libanais

David Wood résume l’obstacle central : la guerre a démontré à nouveau « que le gouvernement libanais ne pouvait pas appliquer des décisions politiques majeures sans l’accord du Hezbollah ». Pour que les pourparlers aboutissent, estime l’analyste, « le Hezbollah doit être présent à la table des négociations, même si ce n’est que de manière indirecte ».

Cette réalité n’est pas nouvelle. Après la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah, conclue en novembre 2024, Beyrouth s’était engagé à désarmer le mouvement. Le Hezbollah reste pourtant le seul groupe armé à avoir conservé ses armes à l’issue de la guerre civile libanaise de 1990.

Le précédent de 1983 comme signal d’alarme

L’histoire offre un avertissement. En 1983, un gouvernement libanais fragile avait signé un accord avec Israël dans la foulée d’une invasion israélienne ayant chassé les combattants palestiniens du pays. Ce texte mettait fin à l’état de guerre entre les deux États et prévoyait le retrait des forces israéliennes.

L’accord a été abrogé moins d’un an plus tard, en mars 1984, sous la pression de la Syrie et des partis libanais alliés à Damas. Cet épisode illustre la fragilité de tout accord signé sans le soutien des acteurs armés présents sur le territoire. La question du Hezbollah, en 2026, reproduit exactement cette configuration.

Source : Agence France-Presse

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