Depuis plusieurs semaines, des femmes s’inquiètent de la circulation incontrôlable des drogues. Et n’hésitent pas à manifester dans les rues pour interpeller les autorités. Un phénomène en lien avec la montée de l’insécurité dans la région du Sud-Ouest.
Il y a quelques semaines, ce sont les femmes de Kumba, dans la Meme, qui protestaient contre l’insécurité grandissante. Du fait de la circulation incontrôlable des drogues et de la consommation abusive de ces psychotropes par les jeunes.
Quelques semaines plus tôt, un mouvement d’humeur similaire était signalé du côté de Bomaka. Un petit village situé à la périphérie de la ville universitaire de Buéa. Ce lundi 20 juillet, c’était au tour des femmes du village Wututu de dire « assez » à ce phénomène.
Le village Wututu est situé dans la commune de Buea 2, département du Fako, dans la région du Sud-Ouest. Les manifestantes protestaient contre les effets ravageurs de la drogue sur les jeunes du village. Pendant leur marche pacifique, les femmes ont visité des maisons supposées abriter des consommateurs présumés de drogues.
Les autorités et les chefs traditionnels interpelés
Elles ont également marqué un temps d’arrêt dans les domiciles de présumés dealers. Elles étaient munies de pancartes véhiculant des messages hostiles à la drogue. « Nous n’en voulons pas. Nous ne voulons pas de viols dans ce village, nous ne voulons pas de banga [variété de drogue, Ndlr] »
Les manifestantes ont interpelé au passage parents, chefs traditionnels et forces de sécurité. Afin qu’ils conjuguent leurs efforts pour stopper la circulation et la consommation de la drogue chez des jeunes. Selon elles, la drogue pourrait faire sombrer des générations entières de jeunes dans la perdition si les autorités n’agissent pas.
Surtout que de nombreux d’entre eux sont devenus accrocs de ces substances psychotropes dangereuses pour la santé. Les mères expliquent ce phénomène par la recrudescence des cas de violences, vol, désertions scolaires et des comportements irresponsables.
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Conséquence de la crise anglophone ?
Des situations elles-mêmes consécutives à la crise sécuritaire prévalant depuis fin 2016 dans les deux régions anglophones du pays. Cette crise a déjà causé au moins 6000 morts et poussé des milliers de familles à se réfugier au Nigéria voisin. Ou alors à devenir des déplacés internes.
Les femmes appellent au renforcement de lois sévères contre la vente de produits psychotropes. Et à l’intensification de la campagne de sensibilisation au sein des écoles et des communautés. Elles souhaitent que les autorités mettent en place des programmes de réhabilitation pour aider les personnes gravement touchées par la drogue.
Pour les manifestantes, la lutte contre les abus de drogue ne saurait être l’apanage des seules familles. Mais doit devenir une priorité pour la communauté entière. Les chefs traditionnels de la zone plaident pour la mise en place de mécanismes d’accompagnement des mères dans leur combat des.












