Face au Pr Aba’a Oyono qui dénonce l’absence de Paul Biya qui relance le débat constitutionnel sur la vacance au pouvoir, le Pr. Jacques Fame Ndongo condamne un barbarisme juridique, voire politique ou logique.
L’absence de Paul Biya, officiellement en visite privée en Europe, charrie les passions. Non sans remettre au goût du jour la question sur la vacance au sommet de l’État. Usant des arguments les uns les plus fallacieux que les autres. Les intellectuels se crêpent le chignon, mieux s’affrontent sur la toile. Chacun y allant de son bord politique pour tenter de convaincre l’opinion.
Les conséquences institutionnelles
Dans une analyse juridique et politique, le Pr Jean Calvin Aba’a Oyono s’interroge. Sur les conséquences institutionnelles des longues absences du président de la République hors du territoire national.
Selon l’auteur, ces séjours prolongés, présentés comme de simples déplacements privés, entretiennent un climat d’incertitude et alimentent les interrogations de l’opinion publique sur la continuité de l’État.
Dans un article intitulé « la problématique posture de président de la République a éclipsé », l’éminent juriste, universitaire. Et analyste politique camerounais soutient que la Constitution impose au chef de l’État des obligations de présence. Et de garantie du fonctionnement régulier des institutions.
Contentieux administratif et constitutionnel
L’agrégé en droit public estime que le manque de communication des autorités favorise les rumeurs. Et soulève des questions sur l’exercice effectif du pouvoir.
Le consultant spécialisé en contentieux administratif et constitutionnel, revient ensuite sur les notions constitutionnelles de vacance du pouvoir. Et d’empêchement, en soulignant les zones d’ombre du texte fondamental quant aux procédures permettant de les constater. Cet auteur reconnu dans le domaine juridique considère que ces imprécisions fragilisent la sécurité juridique.
Il appelle le Conseil constitutionnel à jouer pleinement son rôle d’interprète de la Constitution. Afin de clarifier ces situations exceptionnelles et de garantir la continuité de l’État. Et de conclure que le renforcement de l’État de droit passe par une plus grande indépendance et une intervention plus affirmée de cette institution.
La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre. « Halte aux fantasmes. Il n’y a aucune vacance au sommet de l’État », s’écrie le Pr. Jacques Fame Ndongo.
D’après le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, affirmer que le pouvoir (exécutif) est « vacant » au Cameroun. Relève d’un barbarisme juridique, voire politique ou logique. Évoquant le principe aristotélicien du tiers exclu (on ne peut pas « être et ne pas être».
Aucune disposition légale
L’une des figures majeures du Rdpc soutient qu’aucune disposition légale ou règlementaire, ne fixe, au Cameroun. La durée maximale du séjour présidentiel hors du Cameroun. A le croire, nul ne peut donc l’appliquer au chef de l’État. Une inexistante disposition constitutionnelle qui ne peut prospérer que dans l’imagination féconde. Et vagabonde des adeptes du droit des sables mouvants.
Au Cameroun, dit-il, il n’existe aucune somnolence au sommet de l’État. Ou dans quelque compartiment institutionnel que ce soit (exécutif, législatif, judiciaire).
« Où qu’il se trouve, le chef de l’exécutif est au travail. Il suit méticuleusement les dossiers que lui soumettent, au quotidien, ses collaborateurs, « de visu » ou par les moyens électroniques connus de tous. Il donne des directives appropriées, en vue de la bonne marche du pays », tranche l’actuel ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur. Fin du débat ?











