En dépit de la collecte des bouteilles en plastique par certaines structures privées, on y retrouve dans les caniveaux, les tas d’ordures et dans tous les coins de la métropole économique.
À Douala donc, la prolifération des bouteilles en plastique est une crise environnementale majeure. Avec des inondations, presque tous les quartiers vivent la même réalité. Quartier Bilonguè, quartier Logbaba Saint-Thomas, Ndokoti, Deido, Bonabéri et ailleurs, les rigoles sont remplies.
A vue d’œil, les tonnes de bouteilles obstruent les caniveaux et rivières. La conséquence est directe. C’est les graves inondations lors des fortes pluies.
Un problème environnemental et sanitaire majeur
Les environnementalistes parlent de la pollution plastique avec tout ce que cela comporte. « La présence massive de bouteilles plastiques dans les rigoles et drains de Douala est un problème environnemental et sanitaire majeur. Cela entraîne des conséquences graves pour la ville et ses habitants »
« On peut citer les inondations récurrentes, la pollution de l’eau et des écosystèmes. La détérioration du cadre de vie : L’accumulation de bouteilles plastiques obstrue les systèmes de drainage et les canalisations. La durabilité de la pollution. Il faut retenir qu’en obstruant les voies d’écoulement, ces déchets empêchent l’eau de pluie d’être évacuée. Ce qui va provoquer des inondations même en dehors des périodes de fortes pluies », explique Pierre Cheken, environnementaliste.
Pour Adolphe Ekume, « ces bouteilles et déchets plastiques accumulés sont des gîtes larvaires pour les moustiques. Ils favorisent des maladies comme le paludisme. Aussi, les substances chimiques contenues dans le plastique peuvent se déverser dans l’eau », explique l’écologiste.
De graves problèmes écologiques
Et les risques pour la sécurité sont bien importants. « L’accumulation de ces déchets dans les cours d’eau constitue un danger pour les enfants qui jouent à proximité. Les rigoles obstruées contiennent des eaux stagnantes et polluées. Celles-ci contaminent les rivières et les écosystèmes et détériorent la biodiversité».
Enfin, «les bouteilles en plastique mettent non seulement en péril la beauté de la ville. Mais cette pollution plastique cause également des inondations, de graves problèmes écologiques et de santé pour les habitants. L’invasion de ces déchets plastiques nuit à la propreté, à l’esthétique. Et à l’image de la ville de Douala», va déclarer Adolphe Ekume
Il est à retenir surtout que le plastique ne se dégrade pas facilement. Il peut mettre plusieurs décennies à disparaître, rendant le problème persistant. Ici on parle de la durabilité de la pollution.
Mesures législatives et réglementaires
Malgré la vente de bouteilles plastiques pour le conditionnement courant par certaines structures, le mal demeure. La matière semble avoir dépassé les ramasseurs. Alors, la législation camerounaise sur la pollution par les bouteilles plastiques. Et les emballages à usage unique se sont renforcés ces dernières années. Elle s’est orientée vers une interdiction progressive et une obligation de recyclage.
Pour ce qui est des principales mesures législatives et réglementaires, on voit une interdiction des plastiques non biodégradables (épaisseur : 60 microns). Il y a pour le faire, un arrêté conjoint du 24 octobre 2012 interdit la fabrication, l’importation, la détention. Et la commercialisation des emballages plastiques non biodégradables d’une épaisseur inférieure ou égale à 60 microns.
Dans l’obligation d’incorporation de plastique recyclé, un arrêté conjoint de décembre 2025 fixe à 30 % le taux minimal. Obligatoire de matière plastique locale recyclée dans la production.
Responsabilité élargie des producteurs
Les producteurs d’emballages sont responsables de la gestion de leurs déchets (collecte, recyclage).
Taxe sur la pollution
La loi intègre le principe pollueur-payeur. Les établissements qui polluent l’environnement sont assujettis à une taxe annuelle sur la pollution. Mais rien n’y fait.

















