Les histoires de sorcellerie n’en finissent pas au quartier Mambanda par Bonabéri dans l’arrondissement de Douala 4ᵉ. Une famille a été contrainte de déguerpir sa propre maison nouvellement construite.
C’est en principe l’histoire de Valentin Tembi. Un père de famille qui a construit sa maison il y a deux ans. Il a tout fait et l’a intégrée, il y a à peine six mois. Son épouse et ses enfants déclarent qu’à son absence, on vit des bruits pas insupportables.
Un chantier nocturne
En effet, « dans la nuit, c’est un chantier nocturne. Ce sont les bruits de marteaux, des scies à planche, des arrache-clous, des tôles qu’on pose sur le toit. On entend des ouvriers qui se disputent. Les éclats de rire. Bref les nuits ont infernales quand papa part au travail », raconte un des enfants.
Des informations martelées par la maman. « Il n’est pas facile de dormir à partir de minuit. Des bruits comme si les gens travaillaient dans un chantier, au salon. Et parfois dans les chambres. C’est non-stop jusqu’au petit matin. Personne ne dort ici. On se retrouve avec les maux de tête causés par l’absence de sommeil. La maison est devenue invivable dans la nuit surtout. Pourtant tout est calme en journée », raconte-t-elle.
C’est ainsi que la dame va entreprendre d’aller voir les prêtres exorcistes. Mais rien n’y fera. Au contraire, nous révèle-t-on, plus on verse de l’eau bénie, plus les bruits augmentent. « Une nuit on a même pensé que la maison allait tomber. Tellement les pelés et les marteaux tonnaient. Les coups de pioches, le bruit des tôles alors. On ne pouvait plus », vont raconter la mère et ses enfants.
La séance d’exorcisme
Et le père, fatigué des plaintes et ayant vécu lui-même la scène, va se décider à faire venir un marabout. Malo Malo, un tradipraticien s’est donc proposé de l’aider moyennant de l’argent. « Je lui ai donné la somme demandée et le reste des outils pour faire le travail. Il m’a fait savoir qu’il y a Lucifer dans la maison et qu’il va l’anéantir », va raconter le père Valentin Tembi.
Par une nuit un peu pluvieuse ces derniers temps, Malo Malo, le célèbre tradi-praticien, va donc organiser une « soirée de délivrance ». « Le père de la maison, son épouse, ses enfants et quelques voisins curieux participent à la séance d’exorcisme. A peine va-t-il commencer, qu’il va jeter son sac rempli d’écorces en prenant la porte de sortie. Et en toute vitesse. Il va tout abandonner », nous raconte un témoin de la scène.
Alors Valentin Tembi, et ses enfants vont le suivre dans sa fuite. Ils vont revenir plutôt le lendemain pour prendre leurs effets. Du moins ils vont déménager en laissant le sac du tradi-praticien au salon vide. « On ne pouvait pas le toucher. On ne savait pas ce qu’il contenait », va déclarer le papa.
Quant à Malo Malo, le tradipraticien, il est resté introuvable. Et la maison est restée ouverte. La famille a trouvé un autre logement en location un peu plus loin dans le même quartier.
















