Trois ans après son lancement, la Couverture Santé Universelle au Cameroun affiche des résultats encourageants. Toutefois, des défis structurels persistent et interrogent la pérennité du système.
Trois ans après son déploiement, la Couverture Santé Universelle (CSU) s’impose progressivement dans le paysage sanitaire camerounais. Présenté le 29 avril 2026, le bilan officiel met en avant des chiffres significatifs. Plus de 5,8 millions de personnes ont été pré-enrôlées. Parmi elles, 4,6 millions sont effectivement enregistrées, soit un taux d’adhésion de 81 %. Une progression notable qui traduit une appropriation progressive par les populations.
Dans le détail, les groupes vulnérables concentrent l’essentiel des efforts. Ainsi, 68 % des enfants de moins de cinq ans sont couverts. Les patients vivant avec le VIH atteignent 86 %, tandis que les malades de la tuberculose culminent à 99 %. Les personnes sous dialyse sont, quant à elles, intégralement prises en charge.
Couverture santé universelle : + d’un million de personnes inscrites
Chiffres encourageants
Par ailleurs, la Couverture santé universelle mise fortement sur la prévention. Plus de 2,1 millions d’enfants ont reçu une supplémentation en vitamine A. En parallèle, 6,8 millions de visites à domicile ont été réalisées. De même, 928 000 ménages ont bénéficié de moustiquaires imprégnées. Enfin, 3,6 millions d’enfants ont été vaccinés contre plusieurs maladies évitables.
Sur le plan financier, près de 2,9 millions d’enfants ont déjà été consultés gratuitement. Les accouchements encadrés dépassent 839 000, dont plus de 35 000 césariennes à coût réduit. De surcroît, la dialyse connaît une baisse spectaculaire des tarifs. Les traitements du VIH et de la tuberculose sont désormais entièrement gratuits pour des centaines de milliers de patients.
Cependant, malgré ces avancées, plusieurs limites subsistent. L’accès aux soins reste inégal, surtout en zones rurales. Les infrastructures demeurent insuffisantes et éloignées. En outre, les retards de remboursement fragilisent certaines formations sanitaires. Ce qui affecte la disponibilité des médicaments et la motivation du personnel. Face à ces défis, le gouvernement, sous l’impulsion de Paul Biya et la coordination du Dr Manaouda Malachie, envisage des réformes. Une loi dédiée, le renforcement des infrastructures et l’élargissement des soins sont annoncés. L’amélioration de la digitalisation figure aussi parmi les priorités.
















