Mobilisé dans le cadre du recensement général de la population et de l’habitat, ainsi que du recensement des agriculteurs et éleveurs, il dénonce les conditions d’exécution de ce quatrième recensement.
En effet, Manda Jean Victor est un agent recenseur visiblement en colère. Dans une tribune adressée aux coordonnateurs nationaux, il fait des observations pertinentes sur les conditions d’exécution du 4ᵉ Rgph.
L’agent recenseur dénonce
En fait, c’est un véritable cri d’alarme depuis le terrain. Où des difficultés majeures sont constatées dans l’exécution quotidienne de sa mission. L’agent recenseur dénonce « l’inadéquation entre la longueur du questionnaire et les réalités du terrain ».
Alors, « Messieurs les coordonnateurs, les phases un et deux du recensement, qui consistent en un dénombrement sommaire. Avec seulement quelques questions de base, nous nous sommes déjà heurtés à une résistance considérable de la part des populations.
Aussi, il nous est souvent difficile, voire impossible, d’obtenir que les ménages nous accordent les cinq à dix minutes nécessaires. Pour répondre à ces premières questions », explique-t-il dans ladite correspondance.
Des portails verrouillés
Et, il ajoute en affirmant que les portes leur sont parfois fermées au nez. Les portails restant verrouillés. Les personnes contactées invoquant systématiquement le manque de temps et l’urgence de leurs occupations quotidiennes. Pourtant cette troisième phase, qui débutera après le 21 mai 2026, prévoit des interviews directes. Et approfondies pouvant durer entre quarante-cinq minutes et une heure par ménage.
Ainsi donc, « Nous nous posons collectivement, nous les agents recenseurs, une question fondamentale. Qui, dans nos quartiers et bas-fonds, va nous accorder une heure de son temps ? Dans un pays où chaque citoyen se bat quotidiennement pour sa survie. Où les journées sont entièrement consacrées au travail informel, au commerce, aux champs.
Ou bien aux petits métiers, demander à un chef de ménage de s’immobiliser pendant une heure. Pour répondre à un questionnaire relève, dans bien des cas, de l’utopie », relève Manda Jean Victor.
Questions à fort potentiel conflictuel
Et de confier que la situation devient encore plus préoccupante lorsqu’il s’agit de ménages pratiquant l’agriculture et l’élevage. Ou de ménages de sept personnes et plus. «Le questionnaire qui leur est adressé comporte un nombre de questions qui s’allonge de manière exponentielle. Rendant l’exercice pratiquement irréalisable dans les conditions actuelles du terrain ».
Pour lui, les questions à fort potentiel conflictuel sont contre-productives. « Au-delà de la durée, la nature même de certaines questions nous expose à des situations extrêmement délicates. Voire à des conflits ouverts ». Alors, à titre d’exemple, celles relatives à des sujets intimes et tabous dans notre société, notamment la question sur l’avortement…















