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Village Mbonjo : Une femme, une poule du village

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C’est l’un des projets annoncés par la Synergie nationale des paysans et riveraines du Cameroun (Synaparcam) depuis le village Mbonjo. L’association a procédé au lancement de la campagne de ses activités de 2026, le lundi 18 mai 2026.

Près d’une trentaine de personnes, hommes etc, se sont retrouvées à la salle de réunion de Synaparcam à Mbonjo. Localité située dans l’arrondissement de Fiko, département du Moungo, région du Littoral.

« Une femme, une poule du village »,

Un seul point a meublé les assises. Il s’est agi de présenter les activités prévues pour l’année 2026 en cours. Sur la table des échanges, l’achat de deux moulins. La construction du marché vert de Mbonjo, la finition des travaux de la ferme-école.

L’autre projet et pas des moindres, « une femme, une poule du village », « une femme, une chèvre ». Pour Emmanuel Elomg, « On a constaté que les femmes d’aujourd’hui ne font plus comme nos mamans du passé. Les femmes dépendent maintenant des épiceries qui se trouvent au village. Même pas un jardin de casse derrière la maison. Quand un étranger arrive, il faut courir chez Maguida pour acheter du maquereau ».

Or, « nos mamans et nos parents avaient l’habitude, s’il y a un étranger, d’aller à la ferme. Prendre une chèvre ou un porc. L’abattre pour le recevoir. Ou on dit : il y a le coq là, on le suit pour l’attraper, l’égorger pour qu’on le prépare. Maintenant, ça n’existe plus ».

Une agriculture durable

« Nos mamans ou nos sœurs ne dépendent que des épiceries qui sont au quartier là. Elles ne mangent plus bio. Alors il faut faire revenir l’élevage de poules. L’élevage de chèvres. Pour que chaque ménage ait au moins une petite ferme derrière la maison », va expliquer le président de Synaparcam.

Selon lui, la priorité reste la sensibilisation sur les pratiques d’une agriculture durable. «Pour la campagne d’activité 2026, on continue avec la sensibilisation des paysans et paysannes. Sur les pratiques d’agriculture durable. On a mis sur pied un concept, le marché vert de Synaparcam ».

Mbonjo : Le marché est au vert

« C’est un concept que nous voulons pérenniser. Chaque année on doit organiser le marché vert. Pour faire venir les gens qui vont découvrir ce que les paysans et paysannes de notre localité font ».

Pas de terre pour les paysans

Des projets qui ne vont pas sans difficultés comme les terres cultivables : « On a toujours des problèmes de terres dans notre village. Il y a trois agro-industries qui nous entourent, à savoir la Socapalm, la CDC, la PHP. On n’a pas de problème, on se débrouille dans les bas-fonds. Même là-bas on nous interdit ».

Et « c’est pour ça que vous avez entendu parler de la zone humide de Mondoni. Penda Mboko où des paysans abattent ces arbres qui y sont pour trouver des terres où cultiver. Et après, ils font face maintenant aux inondations avec l’eau qui inonde leurs champs ».

En effet, « il faut les terres pour nous. On se bat pour que les populations trouvent de quoi manger. Parce que les grandes superficies de terres sont occupées par ces agro-industries. Il n’y a pas de terre pour les paysans et les paysannes pour faire l’agriculture », va longuement expliquer Emmanuel Elong.

Village Mbonjo : Sous la menace d’une crise alimentaire

Un sentiment de satisfaction

On a noté la présence de l’autorité traditionnelle. Le chef supérieur de Mbonjo 1, sa majesté Jean Eyondi Epanè a voulu donner sa caution aux acteurs clés. Pour lui, il y a comme une satisfaction de voir ce qui est fait. « C’est un sentiment de satisfaction. Puisque quand il (Emmanuel Elong) commence à se battre, beaucoup de gens ne le savaient pas. Beaucoup de gens parlaient de n’importe quoi ».

Alors, « aujourd’hui, nous voyons les fruits de ce qui a commencé tout petit et ça a grandi. Je lui dis qu’il mérite des félicitations. Ça a commencé tout petit, ça a grandi. Que ça aille de l’avant ».

Village Mbonjo, le chef Eyondi Epanè en chapeau de paille, très attentif…

Les deux sexes font la même chose

Pour cela, « je lui dis, lorsque qu’il va au front et qu’il a un souci, qu’il n’hésite pas. De près ou de loin, qu’il vienne, tout ce qu’il faut pour l’encourager, pour le soutenir, nous le ferons. Et je crois que la population de Mbonjo commence à se réveiller de leur sommeil »

Et aux femmes, « c’est que les hommes font, les femmes peuvent le faire. Donc, ce n’est pas nouveau. Aujourd’hui, dans notre pays, les deux sexes font la même chose. Je les encourage pour leur volonté d’aller réussir sur ce qu’on leur donne comme tâche », dit sa majesté Eyondi Epané.

Et s’adressant aux jeunes, « au lieu d’aller se mettre dans les plantations, voler les noix de la Socapalm. Qu’ils reviennent avec leur CV. Il y a à faire dans les champs. Au lieu de se mettre sur les motos », va-t-il dire à la fin.

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