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Afrique du Sud: Une curieuse fièvre de l’or

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La terre rongée de trous creusés à la pioche, le township de Springs est devenu l’épicentre d’une curieuse fièvre de l’or en Afrique du Sud.

Ils sont une cinquantaine de chercheurs de métal jaune à s’affairer dans ce qui a été transformé en un champ de cratères. Le terril couleur paille surplombant les lieux rappelle la véritable ruée vers l’or ayant embrasé, à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, cette ville située à une cinquantaine de kilomètres de Johannesburg.

Une mère de famille

Du patio de sa case de tôle, une mère de famille en robe de chambre observe ceux venus se crotter dimanche pour gratter les dernières miettes de cet âge d’or. Ils sont apparus du jour au lendemain le dimanche précédent.

« Je rentrais de mon service de nuit d’agent de sécurité à environ 05H00 du matin », se remémore Princess Thoko Mlangeni, 33 ans, depuis son lopin de terre où résonne de l’amapiano. « Des hommes étaient en train de creuser des trous et d’examiner la terre dans des plats en métal. Puis ils se sont répandus comme un virus. »

Le sol vérolé de Springs, ville natale de la prix Nobel de littérature 1991 Nadine Gordimer, rappelle que le cours de l’or a explosé cette année: plus de 5.000 dollars (4.215 euros) l’once dimanche, quand elle valait à peine 2.000 dollars (1.686 euros) au premier jour de 2024.

Un poteau de clôture

« Des gens creusaient pour planter un poteau de clôture, ils ont remarqué la couleur de la terre et l’ont testée avec de l’eau », croit savoir le frère de Mme Mlangeni, Nicholas, 35 ans. Les réseaux sociaux ont fait le reste. Les orpailleurs espèrent moins faire fortune que gagner leur vie dans un pays où le chômage atteint près de 32%, selon les derniers chiffres parus en novembre.

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« J’ai bien essayé« , raconte Princess Thoko Mlangeni. « Mais je n’ai trouvé qu’un bout de rien du tout », décrit-elle en montrant une fraction de l’ongle de son petit doigt. Trop d’efforts pour la mère de deux enfants, qui a la chance d’avoir un emploi et qu’un service de 12 heures attend la nuit suivante.

Sacs de farine de maïs vides

Entre deux cigarettes, un homme remplit de larges sacs de farine de maïs vides. « J’ai commencé mardi, j’habite à 30 minutes à pied et je ramène les sacs avec ça », dit Siyabonga Sidontsa en montrant la brouette qu’il s’est procurée spécialement pour l’occasion.

« Je n’en ai pas tiré grand-chose mais assez pour acheter à manger« , raconte ce père de 47 ans avec trois enfants à charge. A raison de 10 sacs de terre traités chaque jour, il dit avoir glané depuis mardi 450 rands, soit un peu moins de 24 euros.

C’est peu, mais davantage que ses maigres revenus depuis qu’il a perdu son emploi de jardinier il y a environ cinq ans. « Maintenant, en une semaine, je bosse peut-être un jour, payé 200 rands » (environ 10 euros), explique-t-il.

D’autres, œuvrant à plus grande échelle que Siyabonga Sidontsa, remplissent de petits camions-bennes typiquement sud-africains. L’organisation est genrée. Les hommes en claquettes piochent une suspecte terre noire compacte. « De la bouse« , décrypte une jeune fille assise sur une dizaine de sacs pleins.

Les femmes, elles, transportent la cargaison jusqu’aux véhicules. L’une d’elles slalome entre les cratères sous l’œil des vaches délogées de leur enclos. Elle porte sur son crâne un sac renfermant cette matière incertaine, espoir des mineurs de misère affluant depuis une semaine à Springs.

© Agence France-Presse

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