La crise anglophone a créé une panoplie de besoins. Dans les zones toujours en conflit, trouver de l’eau potable demeure une équation à mille inconnues.
Selon le rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Plus de 2,9 millions de personnes manquent d’eau potable. Et parmi elles, les enfants estimés à 1,5 million qui ont encore besoin d’eau potable. Il faut ajouter à ces besoins les services d’assainissement et d’hygiène. Ce sont des chiffres qui ressortent uniquement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Risques élevés en matière de santé
Il s’agit là des éléments rapportés au premier semestre 2025 et rendus publics le 23 juillet 2026 par Unicef. Selon l’agence onusienne, les populations des deux régions anglophones continuent d’être exposées à des risques élevés en matière de santé. De protection et d’accès aux services sociaux de base. Les experts ont fait ressortir que les difficultés sont particulièrement importantes dans le domaine de l’eau, de l’assainissement. Et de l’hygiène, désignée sous le générique WASH.
Et dans le rapport, on parle de la situation qui est le résultat de plusieurs facteurs combinés. On cite entre autres la persistance de l’insécurité. Les déplacements récurrents de familles. La dégradation des réseaux d’approvisionnement, les épidémies et l’insuffisance des équipements collectifs.
En effet, la pénurie d’eau ne se limite pas à un problème d’approvisionnement. Aussi, elle entraîne des conséquences économiques, sociales et sécuritaires. Surtout chez les femmes et les jeunes filles, qui assument l’essentiel de la corvée d’eau au sein des ménages. En suivant l’Unicef, ces dernières restent touchées de manière disproportionnée par les longues distances à parcourir. Et le temps consacré à la recherche de points d’eau.
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L’absentéisme scolaire des adolescentes
Ainsi donc, ces déplacements sont susceptibles de réduire le temps disponible pour les activités scolaires, professionnelles ou génératrices de revenus. Ceci expose en même temps les femmes et les adolescentes à des risques accrus de violences. A des risques d’agressions et/ou de harcèlement lorsqu’elles doivent se rendre dans des zones isolées ou très peu sécurisées.
Pour ce qui est de l’accès limité aux équipements sanitaires. C’est un autre fardeau qui complique la gestion de l’hygiène menstruelle. Et comme conséquence directe, l’on note l’absentéisme scolaire des adolescentes en période de menstrues. Toute chose qui va renforcer les inégalités déjà observées dans l’accès à l’éducation.
Également, les déficits d’infrastructures touchent les établissements scolaires des deux régions. Pour l’Unicef, « 1/4 des écoles étaient dépourvues d’installations sanitaires. Plus d’un tiers ne disposait pas de latrines séparées selon le genre et de nombreuses infrastructures étaient inaccessibles aux enfants en situation de handicap », relève l’Unicef.
Favoriser la propagation de maladies
Aussi, l’absence de toilettes et de points d’eau fonctionnels constitue un risque sanitaire pour les élèves et le personnel enseignant. Cette situation est susceptible de favoriser la propagation de maladies. Et rendre les établissements moins accueillants, plus particulièrement pour les filles.
Autre fait majeur, c’est le manque de latrines séparées selon le genre qui affecte singulièrement les adolescentes. Tandis que l’inaccessibilité des équipements exclut de fait certains enfants handicapés. Et ces insuffisances montrent que la crise de l’eau dans les régions anglophones ne concerne pas uniquement les ménages. Également, elle fragilise le fonctionnement des écoles et compromet la continuité de l’apprentissage dans des zones déjà affectées. Par plusieurs années d’insécurité.












