Alors que nudes, sextapes et règlements de comptes enflamment les réseaux sociaux camerounais, Sàamuella Electra tire la sonnette d’alarme. Dans une vidéo publiée sur Facebook, l’influenceuse dénonce la banalisation de la sexualité, interpelle les jeunes filles et appelle les autorités à agir.
Depuis plusieurs jours, la toile camerounaise est en ébullition. Nudes, sextapes, révélations et règlements de comptes se multiplient, exposant au grand public la vie privée de certaines jeunes femmes et influenceuses. Face à cette situation, Sàamuella Electra a décidé de prendre la parole. L’influenceuse camerounaise installée à l’étranger dénonce la banalisation de la sexualité sur les réseaux sociaux et s’inquiète de l’impact de ces contenus sur la jeunesse.
Voici l’intégralité de son intervention :
« On assiste à une forte promiscuité sexuelle sur le TikTok camerounais, et c’est déplorable, parce que nous sommes en train de faire la promotion de la dépravation des mœurs.
C’est dommage que ce soient de jeunes filles qui viennent réduire la gent féminine à une valeur marchande.
Si vous ne le savez pas, la majorité au Cameroun s’acquiert à 21 ans. J’ai envie de vous dire : “Ouvrez les yeux, jeunes filles”. Nul n’est censé ignorer la loi.
Vous serez punies à la hauteur de vos actes, parce que vous n’êtes pas des mineures. Ici, vous portez atteinte à la pudeur. Vous portez également atteinte au droit à l’image, parce que certaines vidéos sont publiées sans le consentement des personnes concernées.
Vous associez un tel scandale à l’État, parce que vous avez parlé de ministres, de députés et d’autres personnalités. Vous avez également falsifié des résultats sérologiques. Savez-vous qu’il s’agit d’un acte punissable ? Falsifier des documents est très grave.
« J’interpelle ici les ministres… »
J’interpelle ici les ministres de l’Éducation de base, des Enseignements secondaires et de la Justice.
Vous n’êtes pas les seules filles qui “vendent le piment” au pays. Mais vous êtes parmi les seules qui viennent en faire la propagande et la promotion. Vous voulez nous faire croire que, si nos enfants se prostituent demain, ce sera normal. Or, ce n’est pas normal.
Vous êtes en train de remettre en question l’éducation que nos parents nous ont donnée. Ma maman me disait : “Vacances sans prostitution ni sida.”
J’ai envie de croire que la sensibilisation autour des infections sexuellement transmissibles s’est affaiblie au Cameroun. Avant, au lycée, lorsque nous achetions un cahier de 150 pages, on pouvait lire sur la première page : “Attention jeunesse, le sida existe.”
Des publicités de sensibilisation passaient également à la télévision. Aujourd’hui, on n’en voit presque plus.
« Où va la jeunesse camerounaise ? »
Où va la jeunesse camerounaise ? C’est d’ailleurs pour cette raison que, lorsqu’on regarde les statistiques, on nous dit que les personnes les plus touchées au Cameroun ont entre 18 et 24 ans. Le Cameroun serait classé parmi les pays les plus touchés par le VIH. Et on vous dit que ce sont les pères qui ont le VIH. Vous ne comprenez pas.
J’interpelle ici le ministre de la Santé publique afin qu’il prenne des mesures fortes contre ce genre de phénomène.
Des personnes se permettent de falsifier des résultats sérologiques. Savez-vous que vous pouvez heurter la sensibilité des personnes qui vivent avec le VIH ? Pensez-vous que c’est un jeu ?
Attention ! Attention, jeunes filles !«


























































