Le gouvernement, à travers le ministère des Transports, a multiplié les contrôles routiers. Mais les drames persistent. Les accidents mortels continuent de se produire.
Alors, les routes camerounaises continuent de vivre les drames. Et le dernier en date est survenu le dimanche 23 août 2026 à Sikoum. Localité située entre Douala et Edéa. Selon le bilan, il a fait 7 morts et 10 blessés, rapporté par les services de l’Hôpital régional annexe d’Edéa.
Aucun véhicule mis en fourrière
En effet, c’est un drame qui survient en pleine campagne spéciale de sécurité routière. Et du coup, les populations s’interrogent sur l’efficacité des mesures engagées pour réduire la mortalité sur les routes.
En fait, « je me demande bien à quoi nous servent ces contrôles routiers sur les axes principaux? Je vois que c’est tout sauf la prévention. J’ai vu les équipes de la prévention routière sur l’axe Bekoko-Sud-Ouest samedi dernier. Non seulement, il n’y avait aucun gendarme, ni policier. Mais les agents du ministère des Transports qui prenaient de l’argent aux automobilistes. Ils arrêtaient tout le monde et s’intéressaient aux pièces des véhicules », relate Nestor Akam, habitant de Bekoko.
Pour Olive Esson, « ces gens-là sont restés au petit carrefour non loin de Miondo Bar presque toute la journée de samedi 22 août 2026. Mais on n’a vu aucun véhicule mis en fourrière. Cela veut donc dire que les chauffeurs étaient en règle et les véhicules qui font le transport en bon état ? Je crois que le ministre des Transports fait du cinéma. Je trouve qu’il n’y a rien de sérieux, si ce n’est chercher de l’argent. Rien que », déclare cette riveraine.
Drame de Sikoum : les présumés assassins reconstituent les faits.
Le drame de Sikoum
En revenant sur la journée du dimanche 23 août 2026. Il faut retenir que l’accident s’est produit dans la matinée à Sikoum. Sur la route nationale nᵒ 3 (RN3) reliant Yaoundé et Douala. Selon les informations, un car d’une agence de voyages avait transporté des habitants d’un même quartier de Douala. Ces derniers revenaient de Bafia, en passant par Yaoundé, après avoir assisté à un deuil. Le car en question est entré en collision frontale avec un camion-benne.
En effet, les informations fournies par Mme la déléguée départementale des Transports de la Sanaga-Maritime sont plus précises. « Le chauffeur du car se serait endormi au volant. Le véhicule aurait alors dévié de sa trajectoire avant de percuter le camion qui circulait en sens inverse. Les dix-sept victimes se trouvaient toutes à bord du car », va expliquer Esther Ngo Yemba.
Et on l’a vu plus haut, le drame de Sikoum survient alors même que les pouvoirs publics se déploient sur le terrain. Ils ont engagé une campagne spéciale de prévention et de sécurité routières depuis le 25 juin 2026. Celle-ci va se poursuivre jusqu’au 30 septembre 2026.
En effet, l’opération est menée à l’échelle nationale. Et elle vise à limiter les accidents pendant la période des vacances et à l’approche de la rentrée scolaire. Seulement, le dispositif a été renforcé sur les axes les plus exposés.
23 morts en moins de deux semaines
Ainsi donc, à mi-parcours de la campagne, le ministère des Transports va relever 35 accidents sur certains axes routiers. Ils sont imputables au stationnement dangereux ou à l’usage abusif de véhicules de transport de marchandises diverses. Et dangereuses entre depuis le 1ᵉʳ juin 2026. Et la RN3, reliant Yaoundé à Douala, fait partie des principaux axes concernés.
Autre lieu et autre drame, Ndikinimeki. Ici, tout s’est produit dans la nuit du 13 au 14 août 2026, à Nomalé, dans l’arrondissement de Ndikinimeki. 16 personnes ont péri et une quarantaine ont été blessées dans la collision entre un bus de transport. Et un camion chargé de planches immobilisé sur la chaussée. En fait la succession de ces accidents montre que les risques auxquels sont exposés les usagers sont nombreux.
Seulement, le stationnement dangereux constitue une menace. Il faut ajouter à cela la fatigue des conducteurs, le comportement au volant, l’état des véhicules. Le respect des règles de transport et les conditions de circulation. Le cas de la RN3 est bien révélateur.
Ainsi, les drames de Nomalé et de Sikoum ont fait à eux seuls 23 morts en moins de deux semaines. Il faut ajouter à cela, des dizaines de blessés. Pour tout dire, certains axes demeurent particulièrement exposés. Et certains comportements continuent de produire des conséquences dramatiques.












