pixel

Asphyxie économique de l’Iran : les États-Unis menacent aussi les alliés de Téhéran

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

Le gouvernement américain a affirmé lundi sa volonté de « couper toutes les ressources économiques » de l’Iran. L’asphyxie économique de l’Iran repose désormais sur une pression directe exercée contre les partenaires commerciaux du pays. Téhéran y voit un « aveu de défaite » des États-Unis.

L’asphyxie économique de l’Iran, objectif revendiqué par Washington

Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a tenu lundi une conférence de presse à Washington. Il y a confirmé l’intention de son gouvernement de priver la République islamique de ses ressources.

L’avertissement ne s’arrête pas à Téhéran. Les pays qui continueraient à soutenir l’Iran ont reçu, eux aussi, un message ferme.

« Nous tiendrons chacun pour responsable. Ceci marque l’asphyxie économique de ce régime. « Personne ne devrait tester notre volonté en la matière », a ajouté Scott Bessent.

Le ministre a résumé la position américaine sous la forme d’une alternative fermée. « L’Iran fait face à un choix très clair, avec seulement deux chemins possibles: un isolement total et une économie de subsistance, ou un retour vers la normalité avec la possibilité de rejoindre l’économie mondiale », a-t-il prévenu.

Cette formulation ne laisse qu’une porte ouverte : celle d’un retour de Téhéran dans l’économie mondiale. Aucune autre option n’a été évoquée par le responsable américain.

Des sanctions secondaires aux contours encore imprécis

Le train de mesures présenté lundi relève des sanctions dites « secondaires ». Il ne frappe pas l’Iran directement, mais les entités qui commercent avec lui.

Cinq domaines figurent dans le dispositif : l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime. Ces secteurs couvrent aussi bien les circuits financiers que les voies d’acheminement.

Scott Bessent n’a toutefois pas précisé quand ces sanctions entreraient en vigueur. Il n’a pas davantage indiqué quels pays pourraient se retrouver dans le viseur des États-Unis.

Deux inconnues subsistent donc : le calendrier et la liste des cibles. La Chine, par exemple, est une grande consommatrice de pétrole iranien.

Le « système dollar » brandi comme levier

Les États qui ne participeront pas aux sanctions américaines « partageront l’isolement de l’Iran », a menacé le ministre des Finances. Il a envisagé d’expulser les récalcitrants « du système dollar ».

La menace dépasse ainsi le cadre bilatéral. Elle place chaque partenaire commercial de Téhéran devant un choix comparable à celui adressé à l’Iran.

La veille, Scott Bessent avait déjà promis un « D-Day économique », en référence au Débarquement allié de 1944 en France. Il s’agissait, selon lui, de couper les dernières « lignes de survie » de l’Iran.

Un conflit déclenché le 28 février et une diplomatie bloquée

Le conflit a commencé le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran. Les efforts diplomatiques engagés pour le régler se trouvent dans l’impasse.

C’est dans ce blocage que s’inscrit l’annonce de lundi. La pression économique prend le relais d’une négociation qui n’avance pas.

Le détroit d’Ormuz verrouillé depuis six mois

Le détroit d’Ormuz occupe une position centrale dans cette confrontation. Un cinquième des hydrocarbures mondiaux y transitait auparavant.

Téhéran le verrouille quasiment sans interruption depuis six mois. Cette fermeture a entraîné une envolée des prix du pétrole.

La facture se paie aussi à Washington. Donald Trump subit une pression accrue aux États-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

Un pétrolier a été touché par un « projectile inconnu » alors qu’il circulait au large d’Oman. L’agence maritime britannique UKMTO a annoncé l’incident dans la nuit de lundi à mardi, illustrant les risques liés à la traversée du détroit.

Réactions : Téhéran, Pékin et le Pentagone

Sur la télévision d’État iranienne, le ministre de l’Économie Ali Madanizadeh a répliqué aux annonces américaines. Les menaces de Washington se traduiraient, selon lui, par « une nouvelle défaite » des États-Unis.

Le responsable iranien a également affirmé que Téhéran disposait d’un « plan sur deux ans » pour contrer ces sanctions. Aucun détail sur le contenu de ce plan n’a été rendu public.

Pékin s’était exprimé avant même la conférence de presse de Scott Bessent. Partenaire stratégique de Téhéran, la Chine a estimé que les « sanctions et la pression » américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit régional.

Une troisième voix est venue de Washington. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a affirmé devant la presse que cette pression économique maximale ne signifiait pas la fin des frappes, si Washington les jugeait nécessaires.

L’outil militaire reste donc sur la table, en parallèle du volet financier. Les deux approches sont présentées comme complémentaires par les responsables américains.

L’asphyxie économique de l’Iran se lit déjà dans les chiffres

En dépit de la fermeté affichée par Téhéran, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que le pays faisait face à « de nombreuses difficultés économiques ». Ce constat intervient après des décennies de sanctions américaines et internationales.

Les indicateurs disponibles confirment la dégradation. Le 22 juillet, l’inflation atteignait 66 % sur douze mois, contre 46 % en février.

La monnaie nationale poursuit sa dégringolade. Un dollar s’échangeait la semaine dernière contre 1,88 million de rials, contre 1,65 million juste avant le conflit.

Les exportations pétrolières reculent également, selon la société de suivi maritime Kpler. Le blocus américain imposé aux ports iraniens les a fait passer de deux millions de barils par jour avant la guerre à seulement 0,4 million à la mi-août, leur plus bas niveau depuis le début du conflit.

Cette chute prive Téhéran de sa principale source de devises. Elle accompagne la hausse des prix et l’effondrement du rial.

À Téhéran, Sarah Hassanbeigi, pharmacienne interrogée par l’AFP, plaide pour une inflexion rapide. « L’Iran devrait faire des compromis dès maintenant », estime-t-elle. « La situation est vraiment très difficile. Je ne pense pas que les gens puissent supporter cela beaucoup plus longtemps. »

Conséquences et suite attendue : Oman au cœur des discussions

L’Iran a exclu tout retour à la situation d’avant-guerre dans le détroit d’Ormuz. Téhéran discute depuis des semaines avec Oman des modalités de son franchissement.

Le sultanat borde la rive sud du détroit. Son chef de la diplomatie, Badr al-Busaidi, est attendu mardi à Téhéran.

Ce déplacement constitue la prochaine échéance annoncée. Il intervient au lendemain des annonces américaines et de la riposte verbale iranienne.

Deux zones d’incertitude demeurent du côté américain : la date d’entrée en vigueur des sanctions secondaires et l’identité des pays visés. Scott Bessent n’a apporté aucune précision sur ces deux points.

Source : Agence France-Presse

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

La présence militaire américaine expose le Koweït aux frappes iraniennes

La présence militaire américaine place aujourd'hui le Koweït au...

Zelensky rejette les élections en temps de guerre et évoque un « tsunami »

Zelensky rejette les élections tant que la guerre se...

Route maritime de l’Arctique : un porte-conteneurs sud-coréen part vers l’Europe

Un porte-conteneurs sud-coréen a quitté Busan samedi soir pour...

Retour du prince Harry au Royaume-Uni : une réinstallation sous tension

Le retour du prince Harry dans son pays natal...