Le journaliste, éditorialiste et historien Ananie Rabier Bindzi est décédé le 24 août 2026 à Bonabéri, à Douala, des suites d’une longue maladie. Figure emblématique des médias camerounais et ancien visage de La Tribune de l’Histoire sur Canal 2 International, il laisse derrière lui plusieurs décennies consacrées à l’information et à la mémoire du Cameroun.
Une grande voix de la presse camerounaise s’est tue. Ananie Rabier Bindzi est mort lundi 24 août 2026, en début d’après-midi. Plusieurs médias camerounais indiquent qu’il s’est éteint à son domicile de Bonabéri. Il résidait dans le quatrième arrondissement de Douala. Selon Cameroon Tribune, qui cite sa famille, le journaliste serait décédé à l’âge de 86 ans.
Sa disparition intervient quelques semaines après une fausse rumeur. Une fausse information avait alors annoncé prématurément sa mort. Sa famille avait démenti la rumeur. Elle avait toutefois confirmé que son état de santé était fragile. Cette fois, le décès du journaliste est confirmé. Les hommages se multiplient.
Selon les informations disponibles, Ananie Rabier Bindzi avait d’abord fait ses armes dans la presse écrite. C’était avant de devenir un visage connu de la télévision camerounaise. Il a fréquenté le collège Libermann. Il a ensuite intégré une école militaire à Brazzaville. Puis il s’est orienté vers le journalisme et la communication. Son parcours l’a conduit en France. Il s’y est formé à l’École française des attachés de presse (EFAP).
Il a ensuite collaboré avec plusieurs publications. Parmi elles figurent Jeune Afrique, Africa International et Afrique-Asie. Cette expérience lui permettra de couvrir l’actualité politique et sociale africaine. Il l’a analysée pendant plusieurs décennies. Mais c’est surtout à la télévision que le grand public camerounais va véritablement découvrir Ananie Rabier Bindzi.
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« La Tribune de l’Histoire »
À Canal 2 International, il a occupé la fonction de directeur de l’information. Ananie Rabier Bindzi devient alors l’un des visages marquants de la chaîne. Il se fait particulièrement connaître grâce à « La Tribune de l’Histoire« . Cette émission était consacrée à l’histoire politique et sociale du Cameroun.
Chaque dimanche, le journaliste recevait des témoins. Il recevait aussi des acteurs ayant vécu certaines grandes périodes de l’histoire nationale. Décolonisation, indépendance, mouvements nationalistes ou premières années du Cameroun indépendant. L’émission donnait la parole à ceux qui avaient été directement témoins de ces événements.
Son impressionnante connaissance des dates, des personnalités et des événements historiques lui a valu un surnom. Certains confrères et téléspectateurs l’appelaient « la bibliothèque vivante« . Au-delà du journaliste, Ananie Rabier Bindzi s’était imposé comme un véritable passeur de mémoire.
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À travers ses émissions, ses archives et ses interventions médiatiques, Ananie Rabier Bindzi cherchait à faire connaître des épisodes parfois méconnus des grandes périodes de l’histoire du Cameroun, de la colonisation à nos jours.
Son travail n’était pas exempt de controverses. Par exemple, en 2015, l’homme politique et activiste Hilaire Kamga avait vivement contesté une émission avec le général Pierre Semengue. Il accusait Ananie Rabier Bindzi et son invité de présenter de manière contestable les massacres liés aux luttes indépendantistes, notamment en pays bamiléké et bassa.
Malgré ces critiques, son émission a occupé une place importante dans le paysage médiatique camerounais. Il avait néanmoins contribué à installer l’histoire nationale au cœur de débats télévisés accessibles au grand public. Cette contribution explique en partie l’émotion suscitée par sa disparition.
La presse camerounaise perd ainsi l’une de ses figures anciennes. Les téléspectateurs qui suivaient « Tribune de l’Histoire perdent », eux, une voix familière.












