Royal Air Maroc a suspendu provisoirement ses vols vers Douala et Yaoundé, au Cameroun, dans un contexte de forte hausse du prix du kérosène. La décision touche aussi plusieurs destinations d’Afrique centrale et provoque la colère de nombreux passagers, parfois bloqués à Casablanca sans solution claire.
La compagnie aérienne Royal Air Maroc traverse une zone de turbulences. Elle a décidé de suspendre provisoirement plusieurs vols à destination de l’Afrique centrale, dont ceux vers le Cameroun. Selon les informations disponibles, les liaisons vers Douala et Yaoundé sont concernées par cette suspension jusqu’au 9 juin 2026.
Le Gabon est également touché, ainsi que d’autres destinations comme Bangui, Brazzaville et Kinshasa. La compagnie justifie cette décision par la forte hausse du prix du kérosène, elle-même liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Cette mesure intervient dans un contexte difficile pour le secteur aérien. En un mois, le prix du baril de pétrole aurait fortement augmenté, ce qui alourdit les charges des compagnies. Royal Air Maroc évoque aussi un ralentissement de la demande sur certaines dessertes africaines. Des médias français rapportent également que la compagnie a suspendu certaines lignes vers l’Europe pour les mêmes raisons liées au carburant.
La colère des voyageurs
Mais sur le terrain, cette décision provoque surtout la colère des voyageurs. Plusieurs passagers affirment avoir été surpris par les annulations ou reports de vols, sans véritable solution immédiate. Certains dénoncent un manque d’information claire, une absence de prise en charge, ainsi que des difficultés pour obtenir un remboursement rapide ou une alternative de voyage.
La situation semble particulièrement tendue à l’aéroport Mohammed V de Casablanca. Des voyageurs à destination de l’Afrique subsaharienne, notamment vers Kinshasa, affirment que des vols prévus les 24 et 25 mai 2026 auraient été reportés au 30 juin et au 1er juillet. Pour certains passagers, cela représente plus d’un mois d’attente.
Dans les halls de l’aéroport, des familles, étudiants, hommes d’affaires et passagers en transit disent se retrouver dans une grande incertitude. Hébergement, restauration, assistance, réacheminement, plusieurs voyageurs affirment devoir se débrouiller seuls, malgré des billets déjà payés.
« On nous demandede nous débrouiller… »
« On nous demande simplement de nous débrouiller seuls « , déplore un passager congolais bloqué à Casablanca depuis le week-end du 24 mai.
Pour les passagers camerounais, cette suspension complique aussi les déplacements entre le Maroc et le Cameroun. Royal Air Maroc est une compagnie importante pour de nombreux voyageurs qui utilisent Casablanca comme point de transit vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique du Nord ou d’autres pays du continent.
La suspension des vols vers Douala et Yaoundé risque donc d’avoir des conséquences sur les familles, les étudiants, les malades, les commerçants et les professionnels qui avaient déjà programmé leurs voyages.
Pour l’instant, la compagnie invite les voyageurs à vérifier le statut de leurs vols avant de se rendre à l’aéroport. Son site officiel dispose d’un service de suivi permettant de consulter les horaires et les informations en temps réel.
Par railleurs cette affaire risque d’abîmer davantage l’image de Royal Air Maroc auprès d’une partie de sa clientèle africaine. Surtout que ces derniers mois, la compagnie était déjà critiquée pour des retards, annulations et difficultés opérationnelles sur certaines lignes.
















