L’État a pris une décision qui marque un tournant dans l’encadrement du transport clandestin en milieu urbain au Cameroun.
Le document, signé à Yaoundé, est sans équivoque. Les autorités affirment qu’après investigations menées par les services techniques compétents. En collaboration avec les administrations concernées ainsi que les syndicats du secteur. Il a été établi que la plateforme Yango. Et certains de ses partenaires participeraient « en coaction » à la promotion du transport clandestin.
Une mise en demeure de deux mois
Au cœur des griefs formulés par le ministère figurent le non-respect des obligations administratives. Et réglementaires imposées aux exploitants de taxis opérant via les applications numériques. Les autorités dénoncent notamment l’utilisation de véhicules ne disposant pas de documents conformes. Pour l’exercice légal de cette activité.
Dans sa riposte, le gouvernement impose d’abord à Yango une mise en demeure de deux mois. Afin de régulariser entièrement sa situation administrative et opérationnelle. Durant cette période, la plateforme devra se conformer aux exigences légales encadrant le transport de personnes par taxi via les outils numériques.
Suspension immédiate
Mais les autorités ne comptent pas attendre l’expiration de ce délai pour agir. Le communiqué ordonne la suspension immédiate de tous les véhicules opérant sur la plateforme sans pièces administratives conformes.
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Sont notamment concernés les véhicules ne disposant pas de licence de transport, de carte bleue, de carte grise conforme, d’assurance valide, de visite technique réglementaire, de permis approprié ou encore de certificat de capacité professionnelle.
En plus de cette injonction, le ministère inflige à la plateforme une amende forfaitaire de 2 millions 500 mille Fcfa, conformément aux dispositions de l’article 15 de la loi n°2001-015 du 23 juillet 2001 régissant les transports routiers au Cameroun.
Concurrence jugée déloyale
Le coup de filet vise également plusieurs chauffeurs identifiés comme opérant clandestinement sur la plateforme. Sept véhicules ont vu leurs immatriculations suspendues pour une durée de trois mois. Les plaques concernées
Les propriétaires de ces véhicules sont accusés d’avoir exercé l’activité de transport sans satisfaire aux obligations réglementaires en vigueur. Chacun des chauffeurs mis en cause devra verser une amende forfaitaire de 500 000 Fcfa au Trésor public.
Cette sortie du ministère des Transports intervient dans un climat de fortes tensions autour de l’essor des plateformes numériques de mobilité dans les grandes métropoles camerounaises.
Depuis plusieurs années, les syndicats de taxis conventionnels dénoncent une concurrence jugée déloyale. De la part des applications de VTC et de transport urbain, accusées d’échapper à certaines contraintes administratives. Et fiscales imposées aux transporteurs traditionnels.
















