Dix-sept jours après sa fermeture administrative, le supermarché Sino Mart a repris ses activités à Elig-Edzoa. Une réouverture qui suscite incompréhension et colère chez plusieurs Camerounais, alors que l’enquête ouverte après la diffusion d’une vidéo de sévices corporels se poursuit encore.
Le rideau est de nouveau levé au supermarché Sino Mart d’Elig-Edzoa. Depuis le 23 mai dernier, les clients circulent à nouveau dans les rayons de cette grande surface devenue malgré elle le symbole d’une affaire qui a profondément choqué l’opinion publique camerounaise.
Pendant plus de deux semaines, le commerce était resté fermé sur décision administrative. En cause, une vidéo virale montrant un employé camerounais, identifié comme Ombe Boya Arnaud, violemment fouetté à l’intérieur de l’établissement. Les images, largement relayées sur les réseaux sociaux, avaient provoqué une vague d’indignation dans le pays. Dans la séquence, un agent de sécurité en tenue militaire inflige des coups à la victime sous les regards de plusieurs témoins. Rapidement, les autorités avaient réagi. Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale avait dénoncé des actes « d’une gravité inacceptable ». Rappelant que la dignité humaine et l’intégrité physique du travailleur sont protégées par les lois camerounaises.
Dans la foulée, plusieurs personnes avaient été interpellées, notamment Yan Min, présenté comme responsable du supermarché, ainsi que Lizina Tairama Justin, interprète employé dans l’entreprise. Une enquête avait été ouverte afin d’établir les responsabilités exactes dans cette affaire.
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Goût amer
Mais la réouverture du magasin, avant les conclusions officielles de cette enquête, laisse un goût amer chez de nombreux habitants de Yaoundé. Pour plusieurs citoyens, cette décision paraît précipitée. Beaucoup estiment que les autorités auraient dû attendre les résultats définitifs avant d’autoriser la reprise des activités. « On ferme aujourd’hui, puis on rouvre quelques jours après comme si rien ne s’était passé. », Regrette Louise, 27 ans, habitante d’Elig-Edzoa. La jeune femme dit comprendre les enjeux économiques liés à l’activité du commerce, mais considère que le signal envoyé reste mauvais.
Même son de cloche chez Anatole Tchuisseu. Pour lui, cette reprise rapide risque d’encourager certains employeurs étrangers à minimiser les droits des travailleurs camerounais. « Si les sanctions ne sont pas claires, certains continueront à penser qu’ils peuvent tout se permettre ici », lance-t-il avec amertume.
L’affaire de Sino Mart a relancé le débat sur les conditions de travail dans certaines entreprises étrangères installées au Cameroun. Plusieurs voix appellent désormais à un meilleur encadrement des pratiques managériales et à des contrôles plus réguliers.
















