Le Palais de la Culture Sawa, à Douala, accueille depuis le 5 mars 2026 l’exposition « Indépendance du Cameroun, libérons la mémoire ». À travers archives, photographies, objets historiques et installations interactives, le public découvre les grandes étapes de la lutte pour l’indépendance.
Depuis le 5 mars 2026, le Palais de la Culture Sawa s’est transformé en un espace de mémoire pour Douala. Le public est invité à redécouvrir les grandes étapes ayant conduit à l’indépendance du Cameroun. L’exposition « Indépendance du Cameroun, libérons la mémoire » plonge les visiteurs dans le passé, de la colonisation aux luttes politiques et sociales.
Situé à Bonanjo, le Palais de la Culture Sawa est un centre dédié à la préservation du patrimoine des peuples Sawa. Il accueille cette exposition d’envergure à un moment où la transmission de l’histoire aux jeunes générations est particulièrement importante. Lieu de rencontres et de dialogue, il offre un cadre propice à la réflexion collective.
Le parcours du musée guide le visiteur à travers des espaces thématiques retraçant l’intrusion coloniale allemande au Cameroun. Il présente ensuite le mandat franco‑britannique après la Première Guerre mondiale et l’essor des mouvements nationalistes. La balade se termine avec la proclamation de l’indépendance en 1960, marquant un moment clé de l’histoire nationale.
« Un travail réalisé par une trentaine de chercheurs »
La cérémonie d’ouverture a rassemblé autorités administratives, chefs traditionnels, acteurs culturels et diplomatiques autour de ce projet mémoriel. Parmi les voix qui ont marqué l’événement, Djache Sylvain Nzefa, commissaire de l’exposition, a expliqué la logique profonde du projet :
« Cette exposition aborde un thème précis : le processus de l’indépendance du Cameroun, de 1884 à 1972. Un travail réalisé par une trentaine de chercheurs, camerounais et internationaux, qui montre comment l’État du Cameroun s’est construit. On pense souvent que l’indépendance commence en 1960, mais elle a en réalité débuté bien avant. »
Il a poursuivi en soulignant l’importance d’une histoire vue dans sa continuité : « Nous avons voulu montrer que de nombreux mouvements et acteurs ont contribué à cette marche vers la liberté bien avant la proclamation officielle de l’indépendance. »
Aux côtés du commissaire, l’historien Albert François Dikoumé a apporté un éclairage académique sur le rôle de Douala dans ces dynamiques historiques :
« La plupart de ces mouvements ont commencé ici. C’est à Douala que l’ARCAM, l’UPC et tous les syndicalistes ont pris leurs premiers pas. La ville porte encore la marque de cette période. Cette exposition rend hommage à tous ceux qui se sont battus pour un Cameroun libre, pour que le pays ne soit pas écrasé par la colonisation. »
Cette intervention rappelle que l’histoire camerounaise ne se limite pas à des dates officielles, mais se raconte aussi à travers les vies, les combats et les engagements des hommes et des femmes qui ont œuvré pour l’émancipation du pays.
Kinshasa : La rumba face au désintérêt des jeunes générations
Offrir un parcours immersif et pédagogique
L’exposition mêle documents d’archives, photographies, objets historiques et installations audiovisuelles. Elle offre ainsi un parcours immersif et pédagogique pour les visiteurs. Parmi les pièces exposées, on trouve des artefacts ou objets historiques liés à des figures emblématiques de l’histoire du Cameroun.
On y voit aussi des œuvres d’art contemporaines, inspirées par les luttes et aspirations des périodes présentées dans cette exposition. Le vernissage a été enrichi par des animations culturelles, dont des extraits théâtraux rappelant des moments clés de la mémoire collective.
Parmi ces moments, la révolte des femmes de juillet 1931 à Douala a été mise en lumière. Cet épisode reste souvent méconnu du public. Ouverte jusqu’au mois de juillet 2026, l’exposition « Indépendance du Cameroun, libérons la mémoire » invite les habitants et visiteurs à se réapproprier l’histoire nationale.
Elle encourage également à réfléchir à l’impact de cette histoire sur le présent, offrant un rendez‑vous culturel et mémoriel enrichissant. L’exposition met en lumière les visages, les dates et les événements qui ont marqué la marche vers l’indépendance du pays. Cette démarche contribue à la préservation de la mémoire collective et à la valorisation de la richesse historique du Cameroun.
















