PFL se sépare de Ngannou : un combat en trois ans, deux défaites en boxe, une présidence africaine fantôme. À 39 ans, l’ancien champion UFC se retrouve sans contrat, sans adversaire annoncé, et avec un retour à la Maison Blanche sur lequel Dana White a déjà claqué la porte.
Le PFL coupe les ponts avec Ngannou
Vendredi, la Professional Fighters League (PFL) publie un communiqué sur ses réseaux sociaux. Le message est courtois. Le fond est sans appel : la ligue se sépare de Francis Ngannou. « Nous avons un immense respect pour Francis aussi bien en tant qu’athlète qu’en tant que personne, et nous lui souhaitons le succès dans le prochain chapitre de sa carrière de combattant », écrit l’organisation, qui assure rester « déterminée à recruter les meilleurs athlètes de la discipline ».
Des formules de politesse qui masquent à peine un constat d’échec. En mai 2023, le recrutement de Ngannou avait fait l’effet d’un coup de tonnerre. L’ancien champion des poids lourds de l’UFC — organisation dominante du MMA mondial — claquait la porte de Dana White pour rejoindre le PFL, ligue concurrente fondée en 2017. Les désaccords sur sa rémunération à l’UFC avaient précipité son départ. Les ambitions étaient immenses des deux côtés.
Près de trois ans plus tard, le bilan est maigre. Ngannou n’a combattu qu’une seule fois pour le PFL : une victoire expéditive contre le Brésilien Renan Ferreira en octobre 2024. Un seul combat. Puis plus rien.
Une présidence africaine sans éclat, une boxe décevante
Le PFL avait aussi confié à Ngannou la présidence de sa branche africaine — un rôle symbolique fort pour le Camerounais, figure inspirante sur le continent. Mais lors de l’événement inaugural du PFL en Afrique, en juillet 2025 en Afrique du Sud, Ngannou est absent. Pas de discours. Pas de présence. Une vitrine sans occupant.
En parallèle, son accord avec le PFL prévoyait une incursion en boxe anglaise. Ngannou dispute deux combats retentissants. En octobre 2023, il affronte Tyson Fury. Le combat est serré. Il perd aux points, dans une rencontre que beaucoup jugeaient disputée.
En mars 2024, il monte sur le ring face à Anthony Joshua. Le résultat est brutal : KO au deuxième round. Deux défaites. Deux sorties par la petite porte d’une discipline où les rémunérations sont pourtant nettement supérieures à celles du MMA.
Ces résultats, combinés à une inactivité prolongée en MMA, peignent le portrait d’un athlète hors du rythme, dont le passage au PFL n’aura jamais vraiment tenu ses promesses. À 39 ans, Ngannou se retrouve sans organisation, sans calendrier de combat annoncé, et face à une question simple : que faire maintenant ?
UFC, Maison Blanche, boxe : les pistes et les portes fermées
L’avenir de « The Predator » reste dans le flou, mais plusieurs pistes circulent. Ngannou n’a jamais caché son intérêt pour la boxe et les rémunérations qu’elle offre. Un troisième combat dans la discipline n’est pas à exclure — à condition de trouver un promoteur et un adversaire à la hauteur de son profil.
Mais c’est une autre piste qui alimente les rumeurs depuis plusieurs semaines. Ngannou laisse entendre à plusieurs reprises qu’il souhaite faire son retour en UFC — et pas n’importe où : à l’événement prévu à la Maison Blanche le 14 juin prochain. Un retour spectaculaire, chargé de symboles, dans l’organisation qu’il a quittée en mauvais termes.
Dana White ferme la porte.
Le patron de l’UFC exclut catégoriquement cette possibilité. Entre les deux hommes, les cicatrices de leur séparation restent fraîches. Ngannou était parti en dénonçant les conditions imposées par l’UFC à ses combattants. White n’a pas oublié.
Reste la boxe, reste le MMA indépendant, reste l’incertitude. Francis Ngannou a construit l’une des trajectoires les plus romanesques du sport de combat mondial — enfance précaire au Cameroun, traversée clandestine du désert pour rejoindre l’Europe, ascension jusqu’au sommet de l’UFC. Il a tout connu : la gloire, le deuil de son fils en 2023, les défaites sur les rings de boxe.
À 39 ans, sans contrat, il repart de zéro. Mais « The Predator » a déjà survécu à bien pire.
Source : AFP – 6 mars 2026
















