La Communauté urbaine de Douala durcit le ton. La Ville veut mettre fin aux déversements sans ordre de boues de vidange dans la métropole économique. Le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, a pondu un communiqué rendu public le 11 juin 2026. Il annonce de nouvelles mesures pour encadrer les activités des opérateurs de l’assainissement liquide.
Alors la station de traitement des boues de vidange de Ngombè est le lieu indiqué. Pour l’acheminement des boues issues des fosses septiques. Il y a un dispositif mis en place depuis le 20 mars 2026 pour cette activité. Et tous les opérateurs du secteur sont tenus de respecter les consignes.
En effet, la municipalité précise que ce site devient l’unique point autorisé pour le dépotage de ces déchets dans la ville de Douala.
A la CUD, on explique : « Cette décision vise à freiner les pratiques clandestines observées dans certains cours d’eau. Zones marécageuses et espaces non aménagés. Ces déversements illégaux exposent les populations à des risques sanitaires. Notamment par la contamination des eaux et la propagation de maladies liées à l’insalubrité ».
Aussi, « le lit filtrant du Bois des Singes, à Youpwè, autrefois utilisé pour cette activité, est désormais fermé et hors service », précise la CUD.
Des pratiques informelles de vidange
Pour cette mesure, l’on nous fait comprendre tout simplement que Communauté urbaine entend mieux contrôler les flux de déchets liquides. Et renforcer la traçabilité du secteur. Alors en faisant, un pont-bascule a été installé sur le site afin de mesurer les volumes déversés. Et d’assurer une facturation conforme aux tarifs en vigueur.
Pour certains observateurs, il fallait s’y mettre. Dès lors que la ville connait une urbanisation rapide qui met une pression sur les infrastructures d’assainissement. Dans plusieurs quartiers, la carence des réseaux d’évacuation des eaux usées favorise certains comportements. Les populations ont recours à des pratiques informelles de vidange sans tenir compte de l’environnement et de la santé publique.
Pour les autorités municipales, l’enjeu dépasse la simple discipline des opérateurs. Il s’agit en vérité de structurer une filière qui fait face aux pratiques informelles. Et cela va conduire à la réduction des risques de pollution des eaux et la dégradation du cadre de vie.
Des mesures fortes
Une telle démarche nécessite des mesures fortes. Il faut par exemple un contrôle régulier. Des sanctions effectives et surtout l’adhésion des opérateurs. Pour Emmanuel Mbonji, « la station de Ngombè pourrait rester un outil sous-utilisé si les actions fortes ne sont pas menées. On va plutôt vivre le phénomène des déversements clandestins qui vont encore plus fragiliser l’environnement urbain », explique le géographe.
Un appel à la dénonciation
La municipalité appelle les habitants à participer à la lutte contre les dépôts sauvages. En principe, les populations sont invitées à signaler tout cas de déversement illicite en fournissant le numéro d’immatriculation du camion. Des photos du véhicule, ainsi que la date, l’heure et le lieu précis de l’infraction. « Ces informations pourront être transmises aux services compétents de la CUD. Pour faciliter les enquêtes et d’éventuelles poursuites », nous fait-on comprendre.












