L’ancien militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Willy Mengue, et les deux autres plaignants ont été déboutés. En effet, le juge des référés s’est déclaré incompétent pour statuer sur leur demande de désignation d’un mandataire judiciaire. C’était au cours de l’audience du 17 septembre au tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou.
L’affaire Mrc était inscrite au rôle des audiences du 17 septembre au tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou. La décision du tribunal était attendue sur la demande de Willy Mengue, Georgette Laure Kamegne, dite Laure Noutchang. Et Sébastien Mbala Wouria II.
Deux référés d’heure à heure
La demande des trois ex-militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun était ambitieuse. Elle portait sur la désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc chargé d’intervenir dans le fonctionnement du parti politique de l’opposition. Willy Mengue et ses deux autres anciens camarades avaient introduit à cet effet deux référés d’heure à heure.
Mais le tribunal n’a pas donné la suite favorable espérée par les trois anciens militants, camarades du professeur Maurice Kamto. Celui-ci, entre-temps, a quitté ses fonctions de président national depuis le 9 septembre dernier. Le tribunal s’est déclaré incompétent sur les prétentions des demandeurs.
Willy et compagnie condamnés aux dépens
L’ordonnance du président du tribunal renvoie les requérants « à mieux se pourvoir ». Le juge des référés se déclare ensuite « incompétente ratione materiae ». Et condamne aux dépens les demandeurs.
À l’audience du 15 septembre, ces derniers avaient déposé leurs conclusions par un collaborateur de leur avocat, Me Francis Bipan. Ils n’ont été présents ni à ladite audience, ni à celle du 17 septembre. Au cours de laquelle le tribunal a déclaré son incompétence.
Dans leurs conclusions, ils demandaient la désignation d’un mandataire ad hoc chargé de « normaliser » le fonctionnement du Mrc. L’ordonnance du tribunal clôture la procédure engagée par les requérants devant le juge des référés. Toutefois, elle ne tranche pas définitivement les contestations sur le fond. En effet, l’affaire porte sur la direction et le fonctionnement du Mrc.
L’option de désistement exclue par les requérants
D’ailleurs, c’est ce que fait savoir Georgette Laure Kamegne, l’un des alliés de Willy Mengue dans cette bataille judiciaire. Sur sa page Facebook, elle a indiqué que les requérants allaient poursuivre la procédure. En effet selon elle, la décision ne règle pas le fond du problème.
A savoir la contestation de la légitimité des instances nationales du Mrc et de leur capacité à organiser une convention. Et, d’autre part, ils émettent des réserves sur la capacité de ces instances dirigeantes à investir des candidats du parti. Pour les prochaines élections législatives et municipales.
La coplaignante annonce la poursuite de procédures jusqu’à obtention de la mise en conformité du fonctionnement du parti. Pourtant, le juge des référés d’heure à heure n’indique pas la juridiction devant laquelle les requérants pourraient poursuivre leur bataille. Se limitant à constater sa propre incompétence matérielle.
Procédure en dédommagement : le Mrc contre-attaque
Pendant ce temps, le Mrc envisage d’autres initiatives. Le parti veut engager une procédure en dédommagement. Pour des faits qu’il qualifie d’« agissements frauduleux » et de procédures « abusives et vexatoires ».
C’est ce qu’a annoncé Me Hippolyte Meli Tiakouang, l’un des membres du collectif d’avocats assurant la défense du parti. Il a ajouté que la défense qu’il représente attendra, pour ce faire, l’expiration d’un délai de quinze jours. À compter de la signification de la décision.
Pour rappel, Willy Mengue, Laure Noutchang et Sébastien Mbala Wouria II ont été exclus du Mrc. Pour des raisons disciplinaires. Les trois ex-membres avaient alors saisi le tribunal pour contester le fonctionnement de la direction du parti. Elles ont endeuillé l’Extrême-Nord en l’espace d’un mois. A cette longue liste non exhaustive s’ajoute la tuerie de deux soldats au poste militaire de Kerawa. Et les incursions à répétition dans l’arrondissement de Darak et le village Karena dans le Logone-et-Chari.











