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Extrême-Nord : Boko Haram tue 15 personnes à Madegoua

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Au petit matin du 17 septembre, des insurgés d’un groupe Boko Haram actif dans le Sahel ont attaqué le village Madegoua, à l’Extrême-Nord Cameroun. Le bilan de l’assaut meurtrier est de 15 morts.    

Les populations du village Madegoua, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, portent encore le deuil de 15 des leurs. En effet, des individus armés ont effectué un assaut meurtrier dans cette localité. Au cours de cette incursion, ils ont tué 15 personnes. Ces massacres ont été perpétrés au petit matin du jeudi 17 septembre 2026 aux environs de 2 heures du matin.

15 personnes tuées, toutes des civils

Les assaillants ont ciblé particulièrement des hommes. Ils les ont capturés, les ont ensuite ligotés avant de les abattre. Ces informations ont été rapportées par un agent du comité de vigilance local et confirmées par une autorité. Les populations, surprises dans leur sommeil, n’ont pas eu le temps de réagir promptement. Ni d’organiser leur défense.

Initialement de 13 morts, le bilan se serait alourdi à la suite du décès de deux autres victimes. Ces derniers auraient succombé plus tard à leurs blessures à l’hôpital de Makary, la ville voisine, selon des sources locales.

Les assaillants sont repartis en toute quiétude, selon les informations qui nous sont parvenues. L’état-major des forces armées camerounaises serait à leurs trousses.

Mais les battues organisées n’ont pas encore permis de mettre le grappin sur les insurgés auteurs des massacres. Au moment où nous mettions en ligne, les assaillants étaient toujours en fuite. Toutes leurs victimes sont des civils.

Soupçons sur l’État islamique en Afrique de l’Ouest

Les attaques menées à Madegoua n’ont pour le moment pas été revendiquées. Cependant, un analyste en sécurité porte ses soupçons sur l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Il s’est confié à nos confrères de l’agence britannique Reuters.

L’Iswap est une organisation islamiste qui, comme Boko Haram, opère dans la zone sahélienne de l’Afrique. Des militants de la nébuleuse avaient déjà été indexés à l’issue de l’incursion de Wulgo à la frontière nigériane.

L’attaque meurtrière perpétrée dans la nuit du 24 au 25 mars 2025 avait coûté la vie à 12 soldats camerounais. L’Iswap avait agi simultanément avec des militants de Boko Haram, un autre groupe d’insurgés islamistes.

Le gouvernement silencieux malgré le lourd bilan de l’assaut punitif 

D’autres sources locales à Madegoua affirment que les insurgés ont pris pour cible les hommes pour les punir. L’assaut punitif viserait auquel cas à faire respecter l’ordre d’évacuation précédemment donné par le groupe armé. En effet, le village Madegoua est situé sur la très stratégique route de la localité de Makary voisine.

En dépit du lourd bilan enregistré au cours de cet assaut, le gouvernement camerounais n’a pas encore réagi. De quoi raviver de nouvelles critiques sur la communication gouvernementale régulièrement taxée de réaction à deux vitesses.

Car les autorités du pays sont souvent promptes à faire le point sur des situations menaçant directement leur pouvoir. A l’instar des manifestations des partis politiques de l’opposition.

Extrême-Nord : l’insécurité persiste

Des groupes terroristes toujours hyperactifs

Par ailleurs, ces massacres prennent à revers le narratif public des autorités camerounaises. Selon cette rhétorique largement propagée ces derniers mois, la secte Boka Haram serait à bout de souffle. Et aurait perdu du terrain.

Pourtant, dans la réalité quotidienne, Boko Haram, Iswap et autres auraient toujours les moyens de nuisance. On peut rappeler, pour s’en convaincre, les quatre personnes récemment égorgées à Kourgui près de Mora. Ou encore ces quatre autres civils kidnappés à Kouyapé, le conducteur de mototaxi tué dans le même village.

Des dizaines de victimes en un mois

En outre, il y a l’assassinat du chef de Dagawa dans l’arrondissement de Waza. Ainsi que ce vieillard égorgé à Touro, le militaire tué dans la même localité. Ou encore le berger assassiné à Dagodja.

Sans compter les deux civils qui ont récemment été abattus dans le Mayo-Sava, et une personne tuée à Dougvé. Ces attaques ont été recensées depuis le 20 août 2026.

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