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La présence militaire américaine expose le Koweït aux frappes iraniennes

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La présence militaire américaine place aujourd’hui le Koweït au centre de la guerre déclenchée fin février au Moyen-Orient. Des missiles et des drones iraniens frappent des bases et des infrastructures civiles, et au moins 15 personnes ont été tuées dans ces attaques. Dans un émirat libéré en 1991 par une coalition menée par les États-Unis, plusieurs habitants s’interrogent désormais sur le prix de cette alliance.

La présence militaire américaine, cible privilégiée de Téhéran

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Koweït subit des tirs réguliers. Téhéran et ses alliés dans la région visent l’émirat avec des missiles et des drones.

Le conflit a débuté fin février, avec l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Trente-six ans après l’occupation de l’émirat, les forces américaines stationnées sur place font de nouveau du pays une cible privilégiée.

Certains Koweïtiens y voient désormais un désavantage plutôt qu’un atout. Ghanim Alsulaimani, analyste politique, se souvient encore des chars irakiens défilant dans sa ville.

Cet épisode douloureux a précédé la libération de l’émirat, obtenue grâce à l’intervention des troupes américaines. Le souvenir reste vif chez de nombreux Koweïtiens.

Des infrastructures civiles et des bases prises pour cible

Les frappes ne visent pas uniquement les installations militaires. Des usines de dessalement, des installations énergétiques et l’aéroport ont été pris pour cible.

Les bases accueillant des militaires américains figurent aussi parmi les objectifs touchés. Au moins 15 personnes ont été tuées dans les attaques iraniennes menées au Koweït.

Six militaires américains et quatre soldats koweïtiens figurent dans ce bilan. Cinq résidents étrangers ont également perdu la vie.

Le détroit d’Ormuz verrouillé, une économie sous pression

L’Iran a verrouillé le détroit d’Ormuz. Or le Koweït dépend largement de ses exportations pétrolières empruntant cette voie maritime stratégique.

Ce blocage place l’émirat dans une situation économique délicate. Les discussions destinées à mettre fin au conflit, elles, patinent.

Un ancrage hérité de la libération de 1991

Les troupes américaines se sont durablement installées après la libération du Koweït, en 1991. Une coalition menée par les États-Unis avait alors conduit cette opération.

Le pays abrite aujourd’hui l’une des plus grandes concentrations de troupes américaines de la région. Bases aériennes, camps militaires et terrains d’entraînement se répartissent sur son territoire.

Ce dispositif en fait une cible de choix pour l’Iran. Pour Ghanim Alsulaimani, la stratégie iranienne vise en réalité Washington.

L’analyste estime que « l’objectif (de l’Iran) est d’utiliser les pays du Golfe pour faire pression sur les États-Unis afin qu’ils arrêtent leurs attaques » contre la République islamique.

« Mais en réalité, le président américain (…) n’envisage pas de mettre fin aux attaques ni de faire marche arrière simplement parce que le Koweït est pris pour cible », ajoute-t-il à l’AFP.

La présence militaire américaine divise l’opinion koweïtienne

Le sentiment pro-américain semblait acquis depuis des décennies. Plusieurs habitants remettent pourtant en question la présence des troupes étrangères.

La décision du président américain Donald Trump de poursuivre la guerre nourrit également les critiques. Ces voix s’expriment le plus souvent en privé.

La liberté d’expression reste limitée dans l’émirat, notamment à l’égard des partenaires diplomatiques. Une Koweïtienne, qui a souhaité garder l’anonymat, résume ce ressentiment.

« Bien sûr que nous payons le prix de la présence des forces américaines sur notre territoire », s’exclame-t-elle.

« Peur et inquiétude » parmi les habitants

Nasser al-Shammari, Koweïtien de 50 ans, décrit une relation devenue source d’inquiétude. « Ce que le Koweït a vécu récemment a été difficile, compte tenu de la présence des forces américaines », a-t-il déclaré.

« Les attaques contre les sites où sont stationnés les Américains ont suscité la peur et l’inquiétude parmi les habitants », ajoute cet habitant.

Un porte-parole du gouvernement américain a assuré à l’AFP que la coopération sécuritaire entre les deux pays restait solide. Ce message contraste avec les craintes exprimées par certains Koweïtiens.

Dans les restaurants, les cafés et les lieux publics, la guerre domine les conversations. Les télévisions diffusent les chaînes d’information en continu.

Chaque bandeau d’alerte concernant l’Iran capte l’attention. La crainte de voir le conflit échapper à tout contrôle traverse ces discussions.

Une image américaine déjà ternie dans la région

L’image des États-Unis s’était dégradée avant même cette guerre. Washington a soutenu l’offensive dévastatrice menée par Israël dans la bande de Gaza.

Cette offensive répondait aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Depuis, des campagnes de boycott visant des entreprises américaines se sont multipliées.

Quelle alternative à la présence militaire américaine ?

Les États du Golfe renforcent leurs alliances régionales. Un pacte militaire réunit notamment l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.

Les observateurs s’accordent néanmoins sur un constat. Le Koweït, comme ses voisins, ne peut se passer des États-Unis face à l’Iran.

Un diplomate étranger en poste dans le pays formule la même analyse. « Le Koweït reconnaît le rôle essentiel joué par les États-Unis dans sa libération du régime de Saddam Hussein, mais il reconnaît aussi qu’il est aujourd’hui la cible d’attaques iraniennes parce qu’il accueille des forces américaines », observe-t-il auprès de l’AFP.

« Les rapports de force régionaux rendent difficile la recherche d’une alternative aux États-Unis », ajoute ce diplomate.

Les pourparlers destinés à arrêter la guerre n’avancent pas. Tant que ces discussions patinent, l’émirat demeure exposé aux tirs iraniens.

Source : Agence France-Presse

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