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Guerre économique contre l’Iran : Washington place le dossier au centre du G20

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La guerre économique contre l’Iran s’invite dans les travaux du G20 organisé cette année aux États-Unis. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent entend convaincre ses homologues de rallier ce combat, a annoncé jeudi un responsable gouvernemental. Première étape lundi et mardi à Asheville, en Caroline du Nord.

Guerre économique contre l’Iran : le message porté par Scott Bessent

Le ministre américain des Finances veut faire de Téhéran un point de passage obligé des discussions. Un responsable gouvernemental l’a annoncé jeudi.

Scott Bessent compte demander à ses homologues de rallier son combat contre l’Iran lors du prochain sommet du G20 sur le sol américain. La demande sera formulée directement, sans passer par les canaux collectifs habituels.

Un responsable du Trésor a précisé jeudi devant la presse que le secrétaire martèlerait ce message. Chacun des entretiens bilatéraux prévus à Asheville doit y être consacré.

La démarche prolonge une offensive engagée quelques jours plus tôt. En début de semaine, le secrétaire au Trésor a adressé un avertissement aux pays qui continuent de commercer avec l’Iran.

Il a menacé de les couper du système financier occidental. La mise en garde vise donc des partenaires commerciaux, et non l’Iran seul.

Asheville, première étape d’un cycle de réunions

La première d’une série de réunions sur le sol américain se tiendra lundi et mardi. Asheville accueillera les délégations, en Caroline du Nord.

Le lieu retenu est un grand complexe hôtelier situé au pied des Appalaches. Il se trouve non loin du coin du Tennessee qui a vu naître la légende de la country Dolly Parton, décédée cette semaine.

Originaire de la Caroline du Sud voisine, Scott Bessent y recevra ses pairs. Les banquiers centraux des plus grandes économies de la planète sont également attendus.

Chine, Inde, Japon, Allemagne : les principales puissances économiques seront représentées autour de la table.

Un responsable devenu central

Le secrétaire au Trésor occupe une position singulière dans l’administration. Ses bureaux jouxtent la Maison Blanche.

Il s’est très vite imposé comme un responsable clé du second mandat de Donald Trump. Deux dossiers majeurs lui reviennent.

Les épineuses négociations commerciales avec la Chine relèvent de sa compétence. La guerre économique contre l’ennemi iranien également, alors que la puissance militaire américaine n’a pas réussi à faire plier Téhéran.

Pékin, membre du G20 et acheteur de pétrole iranien

Membre du G20, la Chine figure parmi les gros acheteurs de pétrole iranien. L’avertissement lancé en début de semaine la concerne donc directement.

Pékin a réagi publiquement à cette mise en garde. La réponse chinoise est intervenue rapidement.

Le même pays se trouve au centre des négociations commerciales confiées à Scott Bessent. Les deux dossiers se croisent ainsi dans les mains d’un seul responsable américain.

Guerre économique contre l’Iran : un G20 présidé par Washington

La présidence tournante du G20 est revenue cette année aux États-Unis. L’exercice s’ouvre dans un climat dégradé.

Washington s’est fâché avec la plupart des autres membres. Les droits de douane et les propos incendiaires ont nourri ces tensions.

Le groupe a été créé à la suite de la crise financière asiatique de 1997-1998. Son objectif affiché était de renforcer la stabilité économique et financière mondiale.

Il réunit 19 pays et deux entités régionales : l’Union européenne et l’Union africaine.

Donald Trump entend modifier l’ordre du jour. Le président américain ne veut plus de discussions sur les sujets sociaux et climatiques.

Il prône un « retour aux fondamentaux ». Sa priorité porte sur la croissance économique et la résorption des « déséquilibres » commerciaux.

Une composition remaniée

L’Afrique du Sud a été exclue des travaux. Le pays est d’ordinaire membre permanent du G20 et avait accueilli les réunions du groupe l’an dernier.

L’exécutif américain accuse régulièrement, sans preuves, les autorités sud-africaines de persécuter les fermiers blancs.

La Pologne a suivi le chemin inverse. Washington l’a invitée à participer à tous les travaux, pour couronner la solide expansion économique du pays d’Europe de l’Est.

La Russie sera représentée par un émissaire du ministère des Affaires étrangères. Elle est en guerre contre l’Ukraine depuis 2022.

« Pas d’unité » : les réserves exprimées avant le sommet

Josh Lipsky, chercheur au groupe de réflexion Atlantic Council, doute de la capacité du format à produire des résultats. Il a livré son analyse à l’AFP.

« Puisqu’on est maintenant en guerre commerciale avec le Canada, il n’y a pas d’unité du G7 (groupe plus restreint comprenant notamment les États-Unis et son voisin du nord). Et sans unité du G7, il est difficile d’arriver au G20 et de mener des discussions délicates », a-t-il estimé.

Le chercheur anticipe une écoute polie plutôt qu’un ralliement. « Je pense que la plupart des pays vont écouter respectueusement (les responsables américains) mais resteront circonspects en raison des enjeux macroéconomiques chez eux comme aux États-Unis », a-t-il ajouté.

La réponse chinoise relève d’un autre registre. Interrogée sur l’avertissement américain, la Chine s’est dite prête à « défendre fermement ses droits et ses intérêts ».

Une dette fédérale au-dessus de 40 000 milliards de dollars

Les investisseurs observent Scott Bessent sur un autre terrain. Le secrétaire au Trésor les a récemment déroutés.

Il a annoncé une intervention sur les marchés destinée à faire baisser les coûts d’emprunt à long terme de l’État fédéral. La dette monumentale du pays vient de dépasser les 40 000 milliards de dollars.

Les enjeux macroéconomiques américains figurent précisément parmi les facteurs de prudence évoqués par Josh Lipsky. Le chercheur les place sur le même plan que les difficultés internes des autres membres.

Conséquences et prochaines étapes : cap sur le sommet de Miami

Le cycle des réunions ne s’arrêtera pas en Caroline du Nord. Les rendez-vous de lundi et mardi ouvrent une séquence plus longue.

L’ensemble s’achèvera par un sommet des chefs d’État à la mi-décembre. La Floride accueillera cette réunion finale.

Le lieu retenu est un luxueux complexe de golf appartenant à Donald Trump, à Miami.

D’ici là, Scott Bessent dispose de chaque entretien bilatéral pour porter son message. Le responsable du Trésor l’a confirmé jeudi.

Les pays qui poursuivent leurs échanges avec Téhéran restent visés par la menace d’exclusion du système financier occidental. La guerre économique contre l’Iran sera donc évoquée à chacune des rencontres prévues à Asheville.

Source : Agence France-Presse

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