Le Gecam dénonce la pression fiscale sur les entreprises. Électricité, impôts, cotisations… les inquiétudes du patronat camerounais sont révélatrices de la conjoncture actuelle au Cameroun.
Les membres du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) ploient sous le poids des difficultés. Réunis à Douala dans le cadre de leur assemblée générale, ils ont égrené un chapelet d’entraves à leurs différentes activités. De leur réquisitoire, il ressort qu’ils font face au quotidien à la pression fiscale, aux impôts… et aux délestages.
D’après le Gecam, en 2019, plus de 57% des entreprises ont connu des difficultés. Pour près de la moitié d’entre elles. Ces difficultés étaient importantes au point de menacer leur survie. En revanche, 25% des entreprises ont enregistré une croissance, parmi lesquelles près de 5 % ont connu une croissance forte.
Près de 65% des grandes entreprises ont connu des difficultés. Contre 53,3% chez les moyennes entreprises et un peu plus de 55% chez les petites entreprises. 62% des entreprises ont enregistré une baisse de leur bénéfice et seulement 21% ont connu une hausse.
Plus de 88% des entreprises affectées
Selon le président du Gecam, « les obstacles les plus sévères à la croissance des entreprises sont de deux ordres. La situation politique et socioéconomique caractérisée par l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest ».
« Et du Sud-Ouest (74%) et dans les régions du Grand Nord (61%). La fiscalité caractérisée par l’instabilité du système fiscal et des motifs des redressements fiscaux (72%). Les pénalités et amendes fiscales (66%). Le taux d’imposition fiscale (61%), et la multiplicité des contrôles de l’administration fiscale (59%) ».
D’après Célestin Tawamba, l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest affecte plus de 88% des entreprises. Toutes les entreprises, indépendamment de leur taille, sont affectées. 90,3% des grandes entreprises ; 90% des moyennes entreprises ; et 82,6% des petites entreprises.
Croissance modérée
« Une entreprise sur trois a des difficultés à payer le minimum de perception au titre de l’IS. On trouve la proportion la plus élevée des entreprises ayant des difficultés à payer le minimum de perception. Au titre de l’IS chez les moyennes entreprises (45%). La durée moyenne entre la demande de remboursement d’un crédit de TVA en son paiement est estimée à 172 jours. Soit près de six (06) mois », révèle le président du Gecam.
Qui pense que « l’environnement de la gouvernance est à l’arrêt. Nous avons besoin que les choses changent, d’une meilleure visibilité dans la gouvernance. On investit dans un pays qui décide, et non dans un pays à l’arrêt. »
Dans l’ensemble, le Gecam note que le Cameroun a affiché une croissance modérée en 2025 (3,5 %, contre 3,1 % en 2024), tirée en majeure partie par le secteur tertiaire. Ce tableau national s’inscrit dans un contexte régional et mondial peu reluisant.











